La dette bancaire des ménages a atteint 369 milliards de DH en 2020

| Le 29/7/2021 à 12:20
Dans son rapport 2020 sur la supervision bancaire pour l’année 2020, Bank Al Maghrib souligne la hausse de l’endettement global des ménages et des entreprises non financières.

Bien qu’elle totalisé 369 MMDH au terme de l’année 2020, la dette bancaire des ménages n’a augmenté que de 2,9% contre 5% en 2019. Ce ralentissement est en partie dû à l’impact des restrictions sanitaires sur les habitudes de consommation des Marocains.

La dette globale des ménages est détenue à 84% par les banques et à 16% par les sociétés de financement. Sur ce total, la part du crédit à la consommation a reculé d’un point à 36%, en faveur du crédit à l’habitat dont la part s’est renforcée à 64%.

Crédit à l’habitat : Taux d’intérêt moyen en baisse et recul de la production

La production des crédits à l’habitat a reculé en 2020 de 4% pour s’établir à 25,2 MMDH, ainsi que le nombre des bénéficiaires qui est passé de 67332 en 2019 à 63456 en 2020, soit une baisse de 5,8%.

De son côté, l’encours brut des financements destinés à l’habitat s’est établi à 237,7 MMDH, en hausse de 4,6% contre 4,2% une année auparavant. Cette hausse a principalement été enregistrée au cours du 2ème semestre 2020, suite à la levée du confinement général.

Le taux d’intérêt moyen appliqué par les banques aux crédits immobiliers s’est établi à 4,41%, en baisse de 5 points de base par rapport à 2019. La part des crédits assortis d’un taux inférieur à 6% continue d’augmenter et s’est renforcée d’un point en 2020 à 83%. Selon le rapport, 73% des crédits à l’habitat ont été accordés avec un taux d’intérêt situé entre 4 et 6%, et seulement 10% ont vu s’appliquer un taux d’intérêt inférieur à 4%. La part des crédits à l’habitat réalisée à taux fixe a reculé d’un point pour ressortir à 94% en termes d’encours contre 95% en 2019.

Concernant la durée initiale moyenne des crédits à l’habitat, elle s’est établi en 2020 à 20,8 ans contre 20,4 un an auparavant. En effet, La part des crédits à l’habitat accordés à une durée initiale de 20 ans et plus a augmenté à 63% (58% en 2019), au détriment des crédits de maturité comprise entre 10 et 20 ans qui se sont contractés à 30% (35% en 2019).

De moins en moins d’artisans et de commerçants contractent des crédits à l’habitat

S’agissant des bénéficiaires de ces crédits, BAM a dressé dans son rapport une cartographie des caractéristiques de revenues, de la situation socio-professionnelle et du lieu géographique des personnes contractant ces crédits immobiliers.

Selon le critère de l’âge, les personnes âgées de plus de 40 ans ont concentré près de 64% du nombre total des dossiers, contre 30% pour les personnes âgées entre 30 et 40 ans. Les personnes de moins de 30 ans représentent 6%.

En fonction du revenu, les personnes à revenu inférieur à 6000 dirhams ont disposé de 50% du nombre des dossiers contre 55% une année auparavant. Cette baisse a été au profit des personnes ayant un revenu supérieur à 10000 dirhams dont la part est passé de 28% à 32%.

En terme de catégorie socio-professionnelle, les salariés et les fonctionnaires bénéficient respectivement de près de 46% et 37% des dossiers de crédit, tandis que les artisans-commerçants et les professions libérales en représentent 15%. Ces évolutions reflètent une hausse de la part des fonctionnaires et professions libérales et une baisse de la part des artisans et commerçants.

Selon la répartition géographique, près de 62% des bénéficiaires des crédits à l’habitat sont concentrés dans deux régions, à avoir, la région de Casablanca-Settat et la région de Rabat-Salé-Kenitra.

Financement de la consommation : le montant moyen des crédits en hausse

Représentant plus du tiers de la dette globale des ménages, L’encours brut des crédits à la consommation s’est établi à 131 MMDH, en quasi-stagnation, contre une hausse de 6,5% en 2019. Cette stagnation traduit une décélération des crédits octroyés par les sociétés de crédit à la consommation à 3,3% et une baisse des crédits octroyés par les banques de 2,7%. En revanche, l’encours de financement octroyé par les banques et fenêtres participatives, sous forme de Mourabaha destinés à l’acquisition de véhicules, a augmenté de 41,1% à 968 MDH.

Concernant la durée de contraction de ces crédits, la part de ceux ayant une maturité de plus de 5 ans est de 74% contre 71% en 2019.

Au niveau du montant moyen de ces prêts, il a augmenté de 3.000 dirhams par rapport à l’année 2019 et se situe pour 2020 à 57.000 dirhams, indique Bank Al Maghrib.

D’après les statistiques dressées par l’échantillonnage de Bank Al Maghrib, ces prêts sont majoritairement contractés par des personnes âgées de 40 ans et plus, et ce, à hauteur de 65% du nombre de dossiers en 2020. Selon les différentes tranche d’âge, l’usage du crédit à la consommation diffère, même si le prêt personnel reste le type de crédit le plus utilisé par toutes les tranches d’âge.

Selon le revenu, les personnes disposant d’un revenu inférieur à 6000 dirhams représentent 56% des dossiers de crédit contre 23% pour les personnes au revenu supérieur à 10000 dirhams.

Selon la localisation géographique, à l’instar des crédits à l’habitat, les bénéficiaires des crédits à la consommation demeurent concentrés au niveau des agglomérations urbaines avec 29% pour la région de Casablanca-Settat et 20% pour la région de Rabat-Salé-Kenitra.

Hausse de la dette des entreprises non financières

Etablie à 531 MMDH, la dette bancaire des entreprises non financières a augmenté de 3,3% par rapport à 2019, et représente 49% du PIB contre 44% un an auparavant. Cette hausse est tirée essentiellement par les crédits de trésorerie sous l’effet des mesures de soutien au crédit prises en réponse aux impacts de la crise sanitaire.

Les crédits accordés aux entreprises restent répartis de façon inégale selon la taille de l’entreprise. Ainsi, malgré une hausse de 2 points, la part des TPME est 39% des crédits contre 61% pour les grandes entreprises.

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