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Face à une crise économique sans précédent, quelques startups accompagnées par CDG Invest dans le cadre de l’initiative 212 Founders semblent bien s’en sortir. Cela a été possible grâce aux financements débloqués et l'agilité de ces startups. Témoignages. 

Programme 212 Founders : face à la crise, les startups agiles arrivent à s’en sortir

Par Mouna Ettazy  | LE 28-10-2020 
Face à une crise économique sans précédent, quelques startups accompagnées par CDG Invest dans le cadre de l’initiative 212 Founders semblent bien s’en sortir. Cela a été possible grâce aux financements débloqués et l'agilité de ces startups. Témoignages.

Les startups qui font preuve d’adaptabilité et de flexibilité arrivent à résister dans un contexte marqué par une crise sanitaire et économique profonde. C’est ce qu’on retient des témoignages récoltés auprès de quelques startups faisant partie de la 1ère promotion du programme 212 Founders, lancé en mai 2019 par CDG Invest, la branche investissement du groupe CDG.

Cathedis, l’un des grands gagnants de la crise 

L’activité de Cathedis, qui porte sur des solutions de livraison et de courses express, basées sur un système de tracking performant, a beaucoup profité de la crise sanitaire.

La crise a permis à Cathedis de doubler tous ses chiffres. Imad El Mansour, le fondateur de cette startup nous indique que « nous avons pu doubler tous nos chiffres, en l’espace de 10 mois, notamment en termes de chiffre d’affaires, de personnel et de destinations. Notre activité a pu bénéficier de la progression des ventes en ligne suite à la crise sanitaire et aux restrictions des déplacements ».

Plus précisément, « on est passé d’un volume d’affaires de 2 millions à 5 millions de DH par mois. Pour les destinations, on est passé de 26 à 92. On avait 190 clients, aujourd’hui nous sommes à 350 clients, dont des grandes marques notamment Orange, Décathlon, Daiko, Infinix, et nous finalisons un contrat avec Huawei. On est passé de 1 hub central à Casablanca à 5 hub régionaux (Tanger, Rabat, Marrakech) et on sera bientôt à Agadir, Fès et Meknès. On a un effectif de 75 personnes contre 30 personnes auparavant. Notre département informatique qui incluait au début de notre activité un seul ingénieur, a maintenant une équipe de 5 personnes », nous indique-t-il.

Notre interlocuteur souligne que « le programme 212 Founders nous a beaucoup aidé spécialement dans la mise en relation. D’ailleurs, c’est grâce à ce programme qu »’on a pu avoir Orange comme client ».

Cathedis a bénéficié d’un financement de la part de CDG Invest à hauteur de 3 millions de DH. « Ce financement a servi à l’aménagement et l’installation des nouveaux hub et au développement de notre solution informatique. 90% de ce financement a été consacré au développement du volet informatique de notre activité », nous indique notre interlocuteur. 

Weego innove en matière de transport du personnel

Saâd Jittou, fondateur de Weego, la startup qui a développé une application permettant de programmer des itinéraires de transport en commun dans les villes africaines en B2B et B2C, nous parle du changement qu’a connu son activité afin de s’adapter au contexte actuel. 

« On est passé de tout ce qui est purement digital à un service de transport en faveur des entreprises. Nous offrons actuellement aux entreprises un transport de personnel mutualisé. C’est-à-dire, au lieu qu’une entreprise réserve tout un bus pour déplacer son personnel, elle peut le mutualiser avec d’autres entreprises voisines, comme ça elles se partagent le prix du bus. On peut trouver dans un même bus plusieurs employés de différentes entreprises mais qui vont à la même direction ou même quartier. C’est beaucoup plus économique que le transport du personnel classique. C’est de 40 à 50% moins cher parce qu’on procède à un paiement par siège. Les entreprises ne paient donc que les sièges qu’elles réservent réellement sur un bus », nous indique-t-il. 

Et d’expliquer : « avec la pandémie du Covid, les entreprises cherchent un moyen de transport sûr pour les employés. Elles essayaient d’éviter ua maximum le transport en commun. On est partis de cette idée là pour booster notre activité dans le contexte actuel. 

« L’impact négatif du Covid sur notre activité est lié aux restrictions sanitaires, ainsi on ne peut pas remplir le bus au-delà de 50% des sièges, ce qui touche à la rentabilité du bus. Il est lié aussi au retour au télétravail qui laisse place à un grand niveau d’incertitude. Des fois, même quand les entreprises optent pour notre transport, elles se trouvent obligées de retourner au télétravail ce qui nous fait perdre des sièges », souligne-t-il.

Mais, globalement, l’activité de Weego se porte bien. D’après son fondateur, « le service que nous avons a beaucoup de potentiel parce qu’il est moins cher en comparaison avec d’autres moyens de transport et il procure une meilleure expérience pour les passagers. Les particuliers peuvent aussi réserver par eux-mêmes un siège sur nos bus, si leur entreprise ne s’en occupe pas. Et notre service est flexible. Les passagers peuvent choisir les jours et les horaires qui les arrangent ».

Weego préfère rester focalisé sur la ville de Casablanca. « Actuellement, nous offrons ce service uniquement sur Casablanca. On l’a testé à Rabat mais on trouve qu’on n'a plus intérêt à le maintenir pour le moment maintenant. C’est plus simple de se concentrer sur une seule ville en cette période », nous indique Saâd Jittou. 

User Guest mise sur le futur

Malgré le fait que la pandémie a beaucoup impacté le secteur du tourisme -un secteur directement lié à l’activité de User Guest- ; la startup a limité les dégâts de la crise et a même pu en tirer profit, d’après Assil Bernossi, l’un des co-fondateurs de cette startup qui aide les hôtels à améliorer l’expérience utilisateurs sur leurs sites internet afin de booster les réservations en ligne.

« Durant cette année, deux évènements ont influencé notre activité. Le premier concerne le financement qu’on a reçu dans le cadre du programme 212 Founders. Celui-ci a porté sur un montant de 260.000 euros. Le deuxième évènement est, bien évidemment, la pandémie du Covid-19 qui a remis en question notre stratégie et notre plan de développement. Mais, on a dû nous adapter aux conséquences de la crise », nous indique notre interlocuteur.

Pendant la période du confinement, «on a mené un grand travail en interne. On a profité de cette période pour améliorer notre technologie. Comme il y avait beaucoup moins de besoin en account management et en sales, on a mis tous nos efforts sur le développement de notre produit. En été 2020, on a pu avoir un produit beaucoup plus performant en comparaison à celui qu’on avait l’année dernière », continue-t-il.

Concrètement, « on a ajouté différents outils à notre solution. On a développé toute une nouvelle innovation qui consiste à analyser automatiquement la data des sites des hôtels et qui peut leur fournir des recommandations en conséquence », nous indique notre interlocuteur.

Et d’ajouter : « on a même réussi à continuer à développer notre Business. On n’a pas perdu de clients. On les a tous gardé et on a même réussi à avoir plus de clients. On a maintenu nos recrutements. Nous sommes aujourd’hui une équipe de 15 personnes. Nous sommes actuellement présents sur 15 pays contre 3 l’année dernière. On est au Royaume Uni, en France, en République Tchèque, au Danemark, en Grèce, en Inde, etc ». 

Assil Bernossi souligne que « ce développement est le résultat du financement qu’on a reçu. Sans le financement, on aurait eu un grand problème de trésorerie ce qui aurait pu freiner notre développement ». 

Le co-fondateur de User Guest ne voile pas l’impact de la pandémie sur l’activité de la startup. « C’est sûr que la crise a beaucoup impacté l’hôtellerie. La majorité des hôtels a un grand problème de cash. On a essayé de trouver des business models qui sont adaptés au contexte actuel pour pourvoir continuer à travailler avec ces opérateurs malgré le fait qu’ils ont un problème de cash. On a pris le grand pari que cette pandémie va s’arrêter le plus tôt possible pour que les hôtels puissent reprendre leur activité normale et qu’ils puissent nous payer à temps. Les hôtels procèdent maintenant à des paiements différés et à des paiements à la commission. Mais nos Deals sont déjà signés et les hôtels sont déjà engagés. Et puis, notre solution permet aux hôtels d’être plus performants pour augmenter leurs revenus sur leurs sites internet. Du coup, notre solution a connu de l’intérêt de la part des clients vu que cette solution peut les aider à résister à la crise », expliquent notre interlocuteur.

« Bien sûr on est impactés par la crise. Mais on préfère miser sur le futur », conclut-il.

Green Watech se penche sur l’activité de consulting afin de contrebalancer l’impact négatif de la crise

Green Watech, la startup qui œuvre pour une utilisation rationnelle des eaux usées, a beaucoup galéré à cause de la crise. Cela s’est traduit par une baisse de plus de 50% de son chiffre d’affaires durant ces derniers mois en comparaison avec l’année précédente, d’après Salma Bouagarrani, sa co-fondatrice.

« On a dû fermer nos chantiers à cause de la crise sanitaire surtout que nous travaillons principalement au sud du Maroc aux alentours de la région de Marrakech. Le blocage des chantiers a porté sur une période assez longue. Pour faire face à cet arrêt, on a pivoté vers d’autres activités. On a commencé notamment à développer des méthodes d’analyse du Covid-19 dans les eaux-usées, on a aussi commencé à délivrer des études d’impact sur l’environnement pour pas mal de projets. On s’est donc penché durant cette période de crise sur la partie étude et consulting et maintenant on est en pleine reprise d’activité. Mais, ce n’est pas évident de se déplacer d’une région à une autre. Et globalement, les circonstances actuelles n’aident pas pour le développement de plusieurs activités au Maroc », déplore notre interlocutrice.

A rappeler que cette startup marocaine a développé une solution lowtech de filtration des eaux usées à destination des communes rurales.

Par ailleurs, cette startup n’a toujours pas bénéficié du financement alloué par le programme 212 Founders. « On est resté sur une phase de test du coup les fonds n’ont pas été débloqués pour notre projet. On n’a pas bénéficié d’un accompagnement durant cette période et il n’y a pas eu de retour ni de notre côté ni de leur côté [l’équipe 212 Founders, ndlr], et cela depuis mars dernier », affirme Salma Bouagarrani.

A noter que les startups qui ont été financées par CDG Invest intègrent toutes la phase d’accélération du programme 212 Founders qui a pour objectif de les préparer au mieux dans leur développement commercial et technique. 

Une fois le niveau de maturité pour une levée de fonds en Série A atteint par les startups, CDG Invest interviendra pour réaliser une deuxième levée de fonds incluant des investisseurs nationaux et internationaux à laquelle elle pourra participer pour un montant allant jusqu’à dix millions de dirhams.

>>> Lire aussi : CDG Invest/212 Founders : 7 accords de financement aux startups de la 1ère promotion

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