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BMCE Capital Research anticipe, dans son document d’analyse biannuel, une dégradation de 18,7% de la masse bénéficiaire 2020 des sociétés cotées qu'elle couvre. La banque d'affaires anticipe déjà une phase post Covid en 2021 et table sur des réalisations en forte progression.

Sociétés cotées : Les bénéfices devraient baisser de 18,7% en 2020 et rebondir de 34,4% en 2021 (BMCE Capital)

 | LE 14-10-2020 14:58
BMCE Capital Research anticipe, dans son document d’analyse biannuel, une dégradation de 18,7% de la masse bénéficiaire 2020 des sociétés cotées qu'elle couvre. La banque d'affaires anticipe déjà une phase post Covid en 2021 et table sur des réalisations en forte progression.

BMCE Capital research publie ses prévisions révisées pour 2020 et 2021 en tenant compte des impacts de la crise induite par la pandémie du Covid-19. La société de recherche confirme globalement ses projections initiales avec quelques ajustements à la hausse, particulièrement pour les valeurs industrielles.

A noter que les projections de BMCE Capital Research concernent le scope 40 de la banque. Ces projections sont établies en distinguant entre 3 principaux secteurs : Banques, Assurances et Industries (Immobiliers, construction, agroalimentaire,…).

Globalement, les indicateurs commerciaux devraient afficher une légère baisse en 2020 avant de renouer avec une croissance plus prononcée en 2021. Pour leur part, les indicateurs opérationnels et de masse bénéficiaire devraient limiter un peu la casse en cette année de crise avant de reprendre des couleurs l’année prochaine. 

Une baisse de 3,7% du chiffre d’affaires global en 2020

Le chiffre d’affaires global du scope 40 de la banque d'affaires devrait reculer de 3,7% à 208,4 milliards de DH en 2020. Cette prévision s’explique par le mauvais comportement de la cote industrielle qui sera partiellement compensé par l’amélioration du PNB des Banques.

Dans le détail, le PNB des Banques devrait progresser de 5,1% à 52,4 milliards de DH grâce à la hausse escomptée de 4,3% de la marge d’intérêt des Banques du Scope de BMCE qui devrait se situer à 33,3 milliards de DH. La marge devrait profiter du développement du crédit entreprises et du changement de périmètre de BCP suite à ses récentes acquisitions. 

Le PNB des banques devrait également profiter du bon comportement attendu du résultat sur opérations de marché suite à l’évolution favorable de la courbe des taux. Une hausse de 8,5% du résultat sur opérations de marché est prévue pour se situer à 8,1 milliards de DH en 2020.

Pour sa part, le secteur des assurances devrait engranger des primes acquises nettes en timide amélioration de 1,7% à 18,1 milliards de DH suite à la reprise attendue des activités Epargne et Automobile au 2ème semestre 2020, atténuée par une baisse du chiffre d’affaires de l’assurance industrielle. 

Cela dit, les Industrielles devront connaitre une contraction de 7,3% de leur chiffre d’affaires qui devrait se situer à 137,9 milliards de DH, à cause de la mauvaise conjoncture globale. 

Dans le détail, le chiffre d’affaires du secteur immobilier devrait accuser une baisse de 49,7% à 3,5 milliards de DH. Cette contraction s’explique par les effets de l’arrêt des chantiers et de la baisse des ventes de produits finis.

Le secteur pétrolier et gazier a pâti de la mauvaise conjoncture, particulièrement Total Maroc qui a été impactée par la forte baisse du cours du brut à l’international (-35,3% en y-t-d) combinée à la baisse de la demande tant au niveau des stations-services que pour l’activité aviation. Cette situation étant aggravée par le prolongement de l’état d’urgence sanitaire qui s’est accompagné de la poursuite de l’application de restrictions de déplacements entre les villes au 4ème trimestre 2020.

L’industrie des matériaux de construction devrait, elle, afficher des réalisations en baisse à cause de la chute des volumes écoulés de Sonasid suite au ralentissement induisant une pression accrue sur les prix et, aussi, à cause des cimenteries qui devraient souffrir d’une baisse des ventes de ciment comprises entre 10% et 12% sur l’année. 

Les contributions au fonds Covid-19 et la dégradation du marché boursier pèseront sur le REX en 2020

Pour sa part, le résultat d’exploitation global devrait accuser un repli de 1,8% à 50,5 milliards de DH à cause du poids des contributions au fonds Covid-19 spécialement pour les financières, combiné au recul du résultat financier des Assurances. 

Les banques enregistreraient une baisse de 2,4% du RBE à 24 milliards de DH tenant compte d’un impact brut de 2,5 milliards de DH des contributions au fonds Covid-19, compensé partiellement par la bonne tenue du PNB. 

Le résultat technique des assurances devrait se détériorer de 34,2% à 1,2 milliard de DH à cause de la contre-performance anticipée du marché boursier et du repli des produits financiers des opérateurs suite à la baisse des dividendes à distribuer. Par ailleurs, la sinistralité automobile devrait ressortir en baisse au 2ème semestre comparativement avec 2019. La banque anticipe un ratio S/P (sinistre/prime) moyen de 72,6% en 2020 contre 73,3% en 2019. 

Les industrielles devraient connaitre une amélioration de 1,2% du résultat d’exploitation à 25,3 milliards de DH grâce à la non-récurrence de la dotation de l’amende infligée par l’ANRT à Maroc Telecom de 3,3 milliards de DH dans les comptes de l’opérateur, conjuguée à la bonne tenue de l’activité des minières, particulièrement Managem en raison de l’évolution favorable des cours des métaux précieux au 3ème trimestre 2020. 

Toutefois, la progression de cet agrégat pourrait être limitée par le poids important des charges fixes rapportées au chiffre d’affaires des sociétés immobilières, par la comptabilisation du don consenti de 400 millions de DH au fonds Covid-19 au niveau des charges d’exploitation d’Afriquia Gaz, et, enfin, par l’effet de stock négatif pour Total Maroc suite à la baisse des cotations du pétrole à l’international.

BMCE Capital précise qu’hors effet provisionnement de l’amende Maroc Telecom sur 2019, le résultat d’exploitation des industries accuserait un recul de 10,6%. 

Le RNPG des industrielles se stabiliserait grâce à la non récurrence d’un élément exceptionnel en 2020

La capacité bénéficiaire de l’univers de couverture de la banque devrait se dégrader de 18,7% à 19,7 milliards de DH en 2020 en comparaison avec 2019. Cette évolution s’explique par la forte baisse attendue du RNPG des banques et des assurances, conjuguée à une quasi-stagnation de la capacité bénéficiaire des industrielles. 

Les financières devraient voir leur RNPG baisser de 37,6% à 6,5 milliards de DH à cause de la dégradation attendue du coût du risque (1,5% en 2020 contre 1,95% au S1 et 0,7% en 2019).

De son côté, la capacité bénéficiaire des assurances devrait se dégrader de 40,8% à 845,2 millions de DH en raison de la détérioration des réalisations de Wafa Assurance.

Les industrielles dégageraient un RNPG en quasi-stagnation (+0,1%) à 12,3 milliards de DH. Cette prévision intègre la comptabilisation d’une contribution nette globale de 2 milliards de DH au fonds spécial Covid, neutralisée par l’effet purement mécanique dû à la non-récurrence de l’amende Maroc Télécom. 

Des projections optimistes pour 2021 

BMCE Capital Research anticipe déjà une phase post Covid-19 en 2021 et table sur des réalisations commerciales et une capacité bénéficiaire en forte progression pour l’année prochaine. 

Selon les anticipations des analystes, le PNB des institutions financières devrait s’améliorer de 6,1% à 55,5 milliards de DH tenant compte d’une reprise d’activité davantage soutenue à partir du 1er trimestre 2021 devant se traduire par une hausse de l’ensemble de ses composantes : +5,7% de la marge d’intérêt, +6,6% de la marge sur commissions et +5,4% du résultat sur opérations de marché. 

Les primes acquises des assurances s’apprécieraient de 5,8% à 19,1 milliards de DH sous l’effet d’un redressement de l’activité découlant d’une amélioration escomptée de l’économie marocaine.

Les industrielles, elles, devraient dégager une hausse de 6,5% des réalisations commerciales à 147 milliards de DH. Cette reprise devrait être conditionnée par une reprise prononcée de certains secteurs tels que les matériaux de construction (grâce à un retour progressif à la normale de l’activité des cimenteries), la distribution d’hydrocarbures (reprise du trafic routier et hausse des cours du pétrole) et GPL, et l’agroalimentaire et boissons dont les revenus devraient se renforcer de 5,4% à 19,1 milliards de DH (reprise de l’activité des cafés, restaurants et bars et du secteur touristique).

La capacité bénéficiaire devrait se redresser de 34,4% en 2021 pour se fixer à 26,4 milliards de DH. 

Les financières devraient voir leur RNPG augmenter de plus de 49% à 9,8 milliards de DH sous l’effet de la reprise attendue de l’activité des entreprises devant aboutir à une amélioration globale du risque avec un taux du coût du risque projeté à 1%.

La capacité bénéficiaire des assurances progresserait de 52% pour atteindre 1,3 milliard de DH suite à l’amélioration attendue des indicateurs techniques et de l’activité des 3 assureurs cotés. 

La non récurrence du don Covid et la reprise de l’activité de la plupart des secteurs cotés en phase post Covid-19 devrait générer une hausse du RNPG des industrielles de 25,2% à 15,4 milliards.

Une enveloppe de 14,5 milliards de dividendes en 2020

La dégradation de l’activité de la plupart des sociétés cotées à cause de la crise sanitaire devrait peser sur l’enveloppe de dividende à distribuer au titre de 2020. Celle-ci devrait se situer, selon BMCE, à 14,5 milliards de DH en hausse de 6,5%. Ce niveau reste néanmoins inférieur au niveau normatif de 2018 (20,2 milliards de DH)

Dans ces conditions, et tenant compte de la baisse des cours boursiers en 2020, le D/Y de l’univers de couverture de la banque devrait se fixer à 3% en 2020 et à 3,9% en 2021 contre 2,4% en 2019.

Le D/Y des financières devrait être légèrement inférieur à la moyenne du marché en se situant à 2,7% en 2020 et à 3,7% en 2021. Celui des assurances devrait se fixer à 1,7% en 2020 et à 3,2% l’année prochaine. Ce sont les industrielles qui dégageraient un D/Y légèrement supérieur à la moyenne du marché (3,3% en 2020 et 4,1% en 2021). 

Tenant compte de l’évolution prévue de la capacité bénéficiaire ainsi que celle des cours boursiers, l’univers de couverture de BMCE afficherait un PER de 24,4x en 2020 et 18,1x en 2021.

Le PER des financières s’établirait à 22,1x en 2020 et à 14,8x en 2021. Les assurances dégageraient un PER de 25,3x en 2020 et 16,7x en 2021. Celui des industrielles se situerait à 25,5x en 2020 et à 20,4x en 2021.

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