Marsa Maroc dispose de bonnes perspectives grâce à la diversification de ses activités (analystes)

| Le 12/7/2021 à 13:57

L’activité de transbordement sera un bon levier de croissance du chiffre d’affaires pour Marsa Maroc, mais son lancement rognera sur les marges opérationnelles du groupe cette année avant de repartir à la hausse en 2022. La rentabilité sera aussi affectée par la baisse du trafic des vracs solides manutentionnés du fait de la bonne campagne agricole. Avec la reprise de la consommation d’hydrocarbures, le trafic de vrac liquides augmentera.

L’an dernier, Marsa Maroc a réussi à faire preuve d’une bonne résilience. Sur la période, le chiffre d’affaires de l’opérateur portuaire n’a baissé que de 5% à 2 757 millions de dirhams. Cette baisse avait notamment été induite par le recul de 6% des trafics manutentionnés. Le groupe a également accusé une baisse de 6% du trafic de conteneurs et de 11% du trafic de vrac liquide.

Cette année, les premiers indicateurs dévoilés par le groupe sont encourageants. Marsa Maroc a affiché une hausse de 6% de son chiffre d’affaires au premier trimestre 2021 à 815 millions de dirhams. Le groupe a bénéficier d’un reprise des volumes traités sur les premiers mois de l’année, en hausse de 10% à 10,9 millions de tonnes dont 1,8 million traités par la filiale Tanger Alliances qui a démarré la nouvelle activité de transbordement au 1er janvier 2021.

Depuis le début de l’année, la valeur connait une belle progression en bourse avec une hausse de 19,52% à 250 dirhams le titre à la clôture de la séance du 12 juillet, alors que le MASI n’affiche qu’une croissance d’à peine 8,4%.

Graph SODEP P

Pour le reste de l’année, les perspectives demeurent globalement positives pour Marsa Maroc qui pourra capitaliser sur sa nouvelle activité de transbordement et conserver une bonne aptitude à générer du cash. 

Le transbordement sera un bon relai de croissance dans les années à venir

Depuis le début de l’année, l’activité de transbordement assurée par la filiale Tanger Alliance a démarré au terminal TC3 de Tanger Med II. Cette dernière sera un bon relai de croissance pour l’opérateur en 2021. D’après le management du groupe, un taux d’utilisation de 60% pourrait être atteint dès la première année, notamment grâce à la reprise des échanges mondiaux.

Contacté, un analyste de la place nous explique que « cette nouvelle activité offre un nouveau marché pour Marsa Maroc qui n’était pas présente sur ce pan d’activité. Il faut également rappeler qu’il s’agit de l’acticité principale du porte de Tanger Med. Cela devrait représenter une part importante du chiffre d’affaires du groupe à terme ».

D’après CFG Bank, le groupe devrait voir son chiffre d’affaires croître de 20,8% cette année à 3 329 millions de dirhams. Cette hausse serait principalement portée par les performance de l’activité transbordement. Respectivement, un chiffre d’affaires de 2 751 millions de dirhams devrait être assuré par l’activité Gateway (contre 2 757 millions de dirhams en 2020, ndlr) et 578 millions de dirhams par le transbordement, soit 17% du chiffre d’affaires global.

Cette progression de l’activité de transbordement devrait se poursuivre sur les années à venir jusqu’à atteindre 814 millions de dirhams en 2024. In fine, le chiffre d’affaires global du groupe devrait connaitre un taux de croissance annuel moyen de 10,2% sur la période 2020-2024, selon les dernières estimations de CFG Bank..

Mais il convient de rappeler que cette mise en service au niveau du terminal TC3 rognera sur les marges du groupe à court terme.

Une baisse de rentabilité attendue cette année

La non récurrence du don de 300 millions de dirhams au fonds Covid-19 poussera mécaniquement le résultat net à la hausse cette année. Selon les récents chiffres de CFG Bank, il passerait de 292 millions de dirhams en 2020 à 483 millions de dirhams cette année. Mais concernant le résultat net ajusté des éléments à caractère exceptionnel du groupe, il serait en baisse de 10,6%, passant de 499 millions de dirhams en 2020 à 446 millions de dirhams cette année.

En effet, les marges opérationnelles du groupe seront détériorées cette année à cause de différents facteurs. Premièrement, la mise en exploitation du terminal TC3 de Tanger Med II. Le taux de marge d’EBITDA est attendu en retrait cette année à 41% contre 44,9% en 2020. La marge d’EBIT quant à elle, atteindrait 23,8% cette année contre 23,8% l’an dernier.

Le groupe devrait également pâtir d’une évolution défavorable des volumes de vracs solides traités en 2021. Cette évolution est principalement causée par la baisse des importations des produits agricoles étant donné l’excellente récolte céréalière attendue cette année au Maroc. En effet, les dernières prévisions tablent sur une production de 98 millions de quintaux contre 32 millions de quintaux l’an dernier. 

Parallèlement, notre analyste nous indique que « le groupe devrait connaitre de meilleures performances sur le segment des vracs liquides. Ce dernier a baissé en 2020 du fait de la chute de la consommation et des importations de carburants au Maroc, mais il devrait retrouver des niveaux normatifs cette année ». Un retour à la normale des trafics de vracs solides et liquides est attendue en 2022.

Le groupe conserve des fondamentaux solides

Marsa Maroc demeure un opérateur solide pour les acteurs du marché. « C’est une valeur défensive qui offre un rendement important mais également de la croissance. Les fondamentaux du groupe sont solides et il a récemment annoncé l’émission d’un emprunt obligataire par placement privé d’un montant de 1,4 milliard de dirhams par la filiale TC3 PC pour améliorer la gestion de sa dette » nous explique notre interlocuteur.

Le groupe dispose également d’une politique de distribution régulière de dividende. Si ce dernier a baissé en 2020, passant de 9,7 dirhams en 2019 à 8 dirhams par action, le rendement demeurent toujours intéressant au-delà des 3%, supérieur à la moyenne du marché actions.

CFG Bank note dans son dernier Stock Guide que le groupe démontre sa capacité à défendre sa rentabilité en temps de crise. Sur la période 2020-2023, le taux de croissance annuel moyen du Résultat Net Part du Groupe (RNPG) est anticipé à 3,6% pour atteindre 555 millions de dirhams en 2023.     

 

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