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Une étude publiée par Bank Al-Maghrib analysant, entre autres, l’impact de la pandémie du covid-19 sur l’économie, prévoit que le retour du Maroc au niveau pré-Covid prendra plusieurs années.

Le retour du Maroc au niveau économique pré-Covid prendra plusieurs années (Etude)

 | LE 05-05-2021 15:20
Une étude publiée par Bank Al-Maghrib analysant, entre autres, l’impact de la pandémie du covid-19 sur l’économie, prévoit que le retour du Maroc au niveau pré-Covid prendra plusieurs années.

Bank Al Maghrib (BAM) vient de publier une étude portant sur l’impact économique de la consolidation budgétaire et des réformes fiscales programmées dans le cadre de la ligne de précaution et de liquidité, obtenue par le Maroc auprès du Fonds Monétaire International en décembre 2018.

Cette étude analyse également l’impact de la pandémie du covid-19 sur l’économie marocaine.

Ce travail a été réalisé conjointement par des chercheurs de BAM (Aya Achour et Omar Chafik ) et du Fonds Monétaire International (FMI) (Aleš Bulíř et Adam Remo), dans le cadre de la collaboration entre les deux institutions.

La méthodologie utilisée

Dans le cadre de cette étude, une approche pour simuler des variables macroéconomiques à l'aide de MOPAM a été réalisée.

MOPAM (Morocco Policy Analysis Model) est un modèle macroéconomique semi-structurel à grande échelle développé à Bank Al Maghrib. Il est basé sur le système flexible du modèle mondial du FMI, qui a été ajusté à la configuration d'un seul pays pour saisir les principales caractéristiques de l'économie et de la politique marocaine, trouver un équilibre entre la théorie économique, empirique et les politiques idiosyncrasies.

Le modèle est un mélange de segments DSGE traditionnels (Dynamic Stochastic General Equilibrium ou les modèles d'équilibre général dynamique stochastique) et de segments ad hoc, basés sur la data, avec le choix de segments basé sur leur capacité à fournir une interprétation économique claire.

Ce modèle a été utilisé en se basant sur deux scénarios, l'un analysant les effets à long terme de l'assainissement budgétaire et l'autre fournissant une évaluation initiale de l'impact de la pandémie Covid-19 et le rôle atténuant des mesures de politique budgétaire adopté.

Impact de la crise du Covid

Le scénario de la pandémie Covid-19 englobe les actions des autorités menées au cours du premier semestre de 2020 et émet des hypothèses sur les évolutions à court et moyen terme, constatant que même avec un mix fiscal-monétaire bien coordonné, le retour au niveau pré-Covid du PIB réel prendra plusieurs années, avec une augmentation durable de la dette publique. Les hypothèses de départ incluent la baisse de la demande initiale et les perturbations à moyen terme du côté de l'offre. Le ralentissement de la Productivité et les perturbations des chaînes d'approvisionnement réduiraient la croissance potentielle du PIB parfois.

Les développements externes stimulent l'impact de la pandémie du Covid sur l'économie marocaine : la demande des importations marocaines et du secteur touristique devrait rester faibles. Le développement de la demande est amplifié par une combinaison de chocs d'offre. Une relance de deux ans en 2020 et 2021 ferait passer la dette publique à environ 75% du PIB.

Les mesures fiscales mises en place à la mi-2020 ont atténué le choc de la demande négatif, et ont protégé les ménages limités par les liquidités et ont empêché la détérioration du secteur financier. 

Toutefois, la croissance économique en 2020 est estimée à environ 6 pt en dessous de son niveau pré-Covid.

Effets à long terme de l'assainissement budgétaire

Le scénario d'assainissement budgétaire résume les hypothèses puis simule l'impact du cadre proposé lors des Assises nationales de la fiscalité de 2019, constatant que la consolidation a un impact généralement positif.

Les hypothèses de départ comprennent l'adoption d’une loi-cadre crédible ; le fractionnement des gains provenant de revenus supplémentaires et de la suppression de la subvention de carburant entre le financement du filet de sécurité sociale et la réduction des taux d'imposition sur le revenu ; la simplification du système complexe de taux de TVA multiples ; l’augmentation de la progressivité du système fiscal ; l'élargissement de l'assiette fiscale; et le traitement des exonérations fiscales et les fuites des revenus. Le scénario suppose qu'il n'y a aucun changement dans les systèmes de taux de change.

Le résultat de ce scénario présente les caractéristiques habituelles d'une contraction keynésienne de courte durée de stabilisation : les déficits publics diminuent, financés par des recettes des réductions temporaires des dépenses et le ratio de la dette brute par rapport au PIB tombe à l'objectif de 60%. D'une part, la réduction de l'endettement public et le passage des impôts directs aux impôts indirects génère des gains d'efficacité et conduit à une hausse substantielle de l'investissement privé.

D’autre part, la suppression de la subvention aux carburants réduit le revenu disponible, limitant ainsi l'investissement. L’impact total à moyen terme sur la production est positif et important.

Le faible rapport dette-PIB abaisse la prime du risque pays et laisse un espace pour une éventuelle expansion de transferts sociaux ciblés.

 

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