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Les litiges qui opposent Maroc Telecom à Wana risquent de peser lourdement sur l'opérateur historique, mais pas forcément dans l'immédiat. La sanction de l'ANRT peut faire l'objet d'un recours et l'action devant le tribunal de commerce peut nécessiter plus de temps.

L'impact des litiges opposant Maroc Telecom à Wana pourrait être très lourd

Par M. Ett. | LE 03-02-2020 16:30
Les litiges qui opposent Maroc Telecom à Wana risquent de peser lourdement sur l'opérateur historique, mais pas forcément dans l'immédiat. La sanction de l'ANRT peut faire l'objet d'un recours et l'action devant le tribunal de commerce peut nécessiter plus de temps.

Maroc Telecom a été lourdement sanctionnée par l’ANRT. L'impact de cette décision risque d'être important, mais pas forcément dans l'immédiat. Pour le moment, la décision n'est pas définitive, Maroc Telecom n’excluant pas de déposer un recours.

Pour l’instant, en tous cas, l’opérateur télécoms est condamné à une sanction pécuniaire de 3,3 milliards de DH pour pratiques anticoncurrentielles. Ce montant doit être versé au Trésor public en un seul bloc.

En dehors de cette sanction prononcée par l'ANRT, Maroc Telecom est poursuivi au tribunal de commerce de Rabat par Wana Corporate qui demande réparation à son concurrent pour les mêmes motifs que ceux retenus dans la décision de l'ANRT. Montant réclamé : 5,7 MMDH.

La juridiction commerciale a mis l'affaire en délibéré pour le 24 février 2020. Mais rien ne garantit qu'un jugement sera prononcé ce jour-là. En plus du lien indirect qui existe entre les deux litiges (devant l'ANRT et devant le tribunal), une ou plusieurs expertises pourront être demandées.

En tous les cas, Maroc Telecom devrait débourser 9 milliards de DH si la décision de l'ANRT est confirmé et si la justice tranche en sa défaveur.

Impact potentiel sur les revenus, les bénéfices et les dividendes 

Le risque est donc énorme sur Maroc Telecom, d'autant plus que la charge totale à payer n’est pas déductible fiscalement, comme nous le confirme une source en indiquant que "tout ce qui résulte d’un agissement fautif du contribuable est non déductible".

Sur le même registre, Mehdi El Fakir, expert-comptable et commissaire aux comptes, déclare que "selon la loi, les pénalités et majorations sont des charges non courantes. De ce fait, elles ne sont pas déductibles fiscalement". 

Pour un groupe qui a réalisé 6 milliards de DH de bénéfices en 2018, verser 3 à 9 milliards de DH en pénalités et amendes pèserait lourdement sur le résultat d'un exercice et sur le dividende à verser aux actionnaires (IAM sert la totalité de ses bénéfices en dividendes).

S’ajoute à cela l'injonction faite à IAM de procéder au dégroupage. Ses revenus futurs et ses parts de marché risquent d'être impactés à moyen terme en raison de la montée de la concurrence et de la pression sur les prix dans un segment (Fixe et ADSL) où IAM a longtemps fait cavalier seul.

Le marché boursier réagit  

En bourse, le marché semble chamboulé.

Dès l’ouverture de la séance de ce lundi 3 février, les échanges sur le titre étaient très dynamiques. Il y avait même, à l'ouverture, 1 million de titres offerts à la vente à tout prix, d'après le carnet d’ordre de la valeur.

A 9h54, le titre avait perdu plus de 8% suite à l’échange de plus 400.000 titres. A la clôture, le cours de Maroc Telecom a cédé 7,52% à 143,65 DH après l’échange de 994.699 titres pour un montant total de 142,47 millions de DH.

Graph Maroc Telecom

"Les répercussions de cette décision font peur", commente un analyste de la place. "Le titre en bourse prendrait un sacré coup en cas de confirmation", estime-t-il. 

Le marché boursier marocain en entier sera impacté vu l'importance du poids de Maroc Telecom dans le MASI (20%). L’évolution du marché va être dictée, en grande partie, par les fluctuations du titre IAM.

A la clôture de cette séance, les principaux indices de la cote étaient dans le rouge. Le MASI affichait une baisse de 1,94% ramenant son gain annuel à 0,96%.

A rappeler que c’est grâce à Maroc Telecom que le marché boursier a pu regagner son dynamisme au cours de l’année 2019 suite au fort mouvement acheteur sur la valeur qui a été favorisé par la cession de 8% du capital de l'entreprise détenus par l’Etat.

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