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Les petits porteurs sont perdus devant la chute des cours à la Bourse de Casablanca. Ils pensent que les autorités doivent intervenir afin de rassurer les investisseurs. 

Chute de la Bourse de Casablanca : Ce qu'en pensent des petits porteurs

Par M. Ett. | LE 19-03-2020 16:07
Les petits porteurs sont perdus devant la chute des cours à la Bourse de Casablanca. Ils pensent que les autorités doivent intervenir afin de rassurer les investisseurs.

Le MASI a chuté de 24,21% entre le 28 février, soit la dernière séance de cotation avant l'apparition lundi 2 mars du premier cas de Coronavirus au Maroc, et ce jeudi 18 mars 2020.

Evolution du MASI

Graph MASI

La capitalisation globale de la cote casablancaise, quant à elle, a perdu 147,50 milliards de DH pendant cette période pour se situer à 482,64 milliards de DH à la clôture de la séance de ce jeudi, contre 630,15 milliards de DH.

Selon un membre du Forum Bourse Maroc, la chute des cours « est justifiée par le fait que le marché anticipe un effondrement de l’économie marocaine comme résultat de la propagation du Coronavirus ».

Il estime que « cette baisse des cours aura des effets systémiques sur d’autres branches du marché financier notamment les OPCVM. Une partie de l’épargne nationale va être techniquement massacrée. Il y a des valeurs qui ont tellement baissé qu’elles ne correspondent plus du tout à leurs fondamentaux ».

Pour lui, « on assiste à une situation exceptionnelle à la bourse de Casablanca. Il fallait songer à un mode de cotation qui soit exceptionnel lui aussi ».

Que faut-il faire dans cette situation ?

« L'AMMC a réduit les variations quotidiennes maximales, mais il faut dire que durant certaines séances [avant cette décision, ndlr] la baisse était tellement injustifiée qu’il fallait peut-être arrêter la cotation. Mais les textes réglementaires ne prévoient pas cette option ». 

A rappeler que l’AMMC a réduit les variations maximum pour limiter la chute des cours. Cette décision est entrée en vigueur le mardi 17 mars.

Le seuil de variation quotidien du cours d’un instrument financier ne peut désormais excéder les seuils suivants :

- 4% du cours de référence pour les titres de capital dont la cotation est en mode continu

- 2% du cours de référence pour les titres de capital dont la cotation est en mode fixing

- 2% du cours de référence pour les titres de créance

- 10% du cours de référence pendant les 5 premières séances de Bourse qui suivent l’admission d’un instrument à la cote de la Bourse des valeurs.

« Mais, à vrai dire, fermer la bourse n’est pas une bonne solution. Tout le système financier serait impacté. Tout est interconnecté. Si la bourse ferme, cela va alimenter une nouvelle panique », explique-t-il. 

De plus, selon notre interlocuteur, la correction à la baisse des cours a été accentuée par « la faible liquidité du marché ».

« On remarque que plusieurs valeurs baissent sur des petits volumes. Et leur baisse impacte la valeur liquidative des OPCVM. C’est ce qui pousse les épargnants dans ces fonds à vendre », estime-t-il.

Il justifie le problème de liquidité du marché par le fait qu’« il n’y a pas suffisamment d’instruments encourageant l’intervention des particuliers pour investir davantage. Le marché est en grande partie entre les mains des institutionnels. Quelques-uns d’entre eux sont également en train de vendre».

« Il faut donc trouver des solutions pour résoudre en premier lieu ce problème de liquidité », conclut-il.

« Les autorités du marché doivent rassurer les investisseurs »

Sur le même registre, un autre petit porteur intervenant sur le marché casablancais pense que ce « niveau de baisse est injustifié ».

« Certes, la propagation du Coronavirus aura un impact sur quelques sociétés cotées mais pas toutes, je ne comprends pas pourquoi la majorité des valeurs sont en baisse. Il n’y a pas d’explication fondamentale à moins qu’on commence à paniquer pour l’avenir ».

Dans ce cas, « les autorités du marché boursier, le ministère des Finances et de l’Economie, les politiciens aussi doivent intervenir afin de calmer cette panique et rassurer les investisseurs quant à la préservation de l’emploi, des entreprises et de l’économie en général », souhaite-t-il.

Quelques petits porteurs ne liquident pas les titres détenus

Face à la chute de la Bourse, les petits porteurs consultés affirment qu’ils ne sont pas en train de se débarrasser de tous les titres détenus. 

Ils continuent d’observer ce qui se passe et essaient de rester dans le marché tout en essayant de profiter des niveaux des cours intéressants offerts actuellement par la bourse. 

« Après la limitation des variations des cours par l’Autorité du marché, la baisse a été un peu lissée. Aujourd’hui, nous avons assisté à un rebond de la bourse. Je trouve que c’est justifié puisque les cours ont beaucoup baissé. Maintenant les niveaux des cours actuels représentent une bonne entrée pour les investisseurs », affirme un petit porteur. 

A la clôture de la séance de cotation de ce jeudi 19 mars, les principaux indices de la cote étaient dans le vert. Le MASI a gagné 3,38%. Ses pertes cumulées depuis le début de l’année en cours s’établissent à 23,66.

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