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A cause de la crise sanitaire et économique du Covid-19, plusieurs deals, notamment des décisions d’investissement et de désinvestissement, ont été décalés à 2021, d’après des membres de l’AMIC. Ces derniers n’anticipent pas un changement de préférence sectorielle des investisseurs.

Capital investissement : plusieurs deals décalés à 2021 à cause de la crise du Covid-19

Par Mouna Ettazy  | LE 17-06-2020 16:41
A cause de la crise sanitaire et économique du Covid-19, plusieurs deals, notamment des décisions d’investissement et de désinvestissement, ont été décalés à 2021, d’après des membres de l’AMIC. Ces derniers n’anticipent pas un changement de préférence sectorielle des investisseurs.

En marge de la visioconférence organisée par l’Association marocaine des investisseurs en capital (AMIC), afin de présenter la 1ère édition du rapport d’impact du capital-investissement au Maroc, LeBoursier a posé des questions sur l’impact de la crise du Covid-19 sur cette industrie et sur ses réalisations en 2020.

Adil Rzal, PDG d’Upline Investments et président de l’AMIC, estime que « l’impact de la crise est différent selon les secteurs des entreprises investies. Il y a des secteurs qui souffrent plus que d’autres. Mais ce qui est sûr, c’est qu’il y a entre 12 et 24 mois de période difficile à traverser ».

Pour sa part, Farid Benlafdil, directeur associé chez Afric Inest et responsable de la commission des études chez l’AMIC ajoute que « plusieurs bailleurs de fonds ont décidé de décaler les décisions, de quelques mois, concernant l’injection de fonds chez les sociétés de gestion de fonds d’investissement ». 

Pour la partie investissement et désinvestissement, « plusieurs deals ont été décalés jusqu’en 2021. Il serait même difficile de faire des désinvestissements jusqu’à fin 2021, voire début 2022 vu que ce n’est pas évident de faire des valorisations en se basant sur les réalisations de l’année 2020 à cause de l’impact de cette crise ».

Dans ce contexte, il prévoit que « le rapport que nous avons présenté concernant la croissance des indicateurs à fin 2019 des entreprises investies sera différent l’année prochaine. Nous n’allons pas avoir une croissance à deux chiffres ». 

D’ailleurs, « dégager une croissance cette année sera difficile. 2020 sera une année de 8 à 9 mois maximum d’activité. Toutes les entreprises ont révisé leur budget à la baisse », continue-t-il. 

Pas de changement de préférences sectorielles malgré la crise

Les membres de l’AMIC n’anticipent pas un changement de préférence sectorielle des investisseurs. L’impact de la crise sur ce volet sera limité. « La majorité des fonds généralistes d’investissement au Maroc n’investissent pas dans l’immobilier et dans le tourisme. Ces deux secteurs sont maintenant les plus touchés par la crise. Les investisseurs cherchent généralement une diversification sectorielle (santé, pharmaceutique, service, agro-industrie, etc.)», souligne Farid Benlafdil.

Mais un autre secteur pourrait être ajouté au périmètre d’investissement habituel. « C’est le secteur des énergies renouvelables. Les investisseurs cherchent à identifier des opportunités dans ce secteur », ajoute-t-il.

Pour Fouad Chaguer, Directeur Général d’Attijari Invest et Vice-président de l’AMIC, ce qui importe c’est la négociation du deal. « Il suffit de bien chercher les opportunités d’investissement et surtout de bien négocier. Il n’y a pas de sélection à priori. La sélection se fait a postériori à travers les négociations des opportunités et l’entente entre les fonds d’investissement et les porteurs de projets.

L’effet de la crise sanitaire pourrait porter sur un changement de façon de voir les choses. Dans ce sens, Fouad Chaguer fait deux observations : « les investisseurs qui sont de toutes les manières réticents à l’ouverture du capital vont le rester, quel que soit leur business ».

« Mais les sociétés qui étaient moins à l’écoute de l’industrie du capital-investissement vont commencer à tendre l’oreille pour essayer de voir réellement l’apport de cette industrie à leur entreprise », continue-t-il.

Adil Rzal, quant à lui, pense que « les secteurs resterons les mêmes, mais, il y aura une nouvelle façon de consommer. Les Business model suivront ce changement. On aura plus de digitalisation des entreprises, surtout pour celles qui œuvrent dans le domaine du service ».

Du côté de l’industrie, « On attend de voir la position du Maroc par rapport à l'échiquier international. Il y aura peut-être des relocalisations européennes vers l’Afrique du nord, notamment le Maroc. Il y a des secteurs qui vont en bénéficier. Les fonds d’investissement vont donc accompagner davantage les entreprises exportatrices ».

« Le Maroc essaie aussi de protéger son industrie. Les opérateurs marocains demandent des barrières non tarifaires qui empêchent l’entrée de produits de basse qualité et qui permettent aux entreprises marocaines d’avoir un plus grand marché », continue-t-il. 

« Le développement de ces volets permettra à certains secteurs de se développer plus que d’autres », conclut-il. 

Les mesures qui pourraient favoriser l’investissement 

Il est évident que cette période de crise nécessitera de nouvelles mesures pour favoriser l’investissement.

Adil Rzal espère que les investisseurs seront nombreux et qu’ils continueront de remettre de l’argent dans cette catégorie d’actif. « On est en train de négocier avec les pouvoirs publics pour les inciter à mettre de l’argent dans cette industrie ».

De même, « pour l’écosystème d’investissement, nous avons mis en place des actions pour essayer de donner une réponse immédiate aux entreprises pour pouvoir de les accompagner. Cela se traduit essentiellement par le travail qui est en train de se préparer avec les pouvoirs publics pour lancer un fonds de soutien en fonds propres et quasi fonds propres aux entreprises. Cela nous permettra d’avoir plus de fonds et une grande équipe sur le terrain pour pourvoir répondre à la crise économique que vont traverser nos entreprises. Ces mesures nous permettront d’apporter de vraies solutions à la crise. Et ces solutions doivent être immédiates ». 

Sur le même registre, Fouad Chaguer souligne que la proposition de lancer un fonds de partenariat public-privé a comme objectif « la consolidation des financements des entreprises ». 

Et d’expliquer : « tous les acteurs économiques, qu’ils soient administratifs ou des banques, essayent de proposer des financements de court-terme qui touchent surtout la trésorerie. Notre proposition consiste à voir beaucoup plus loin pour consolider les fonds propres des sociétés et, aussi, pour rassurer les bailleurs de fonds par rapport à la structure financière des entreprises ».

Le président de l’AMIC a tenu à rappeler l’initiative qui a été mise en place par l’Association, intitulée « AMIC support TPME», lancée en avril 2020 afin de de contribuer à l’effort national pour la survie du plus grand nombre possible d’entreprises.

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