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le 14/10/2019
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Le très attendu remaniement du gouvernement a eu lieu le mercredi 10 octobre. Le lendemain, le MASI a effacé les gains qu’il a pu accumuler depuis le début de l’année. Selon nos sources, c’est difficile de faire un lien de causalité direct entre le remaniement et le recul du marché.

Le MASI efface ses gains annuels au lendemain du remaniement du gouvernement

Par Mouna Ettazy  | LE 10-10-2019 
Le très attendu remaniement du gouvernement a eu lieu le mercredi 10 octobre. Le lendemain, le MASI a effacé les gains qu’il a pu accumuler depuis le début de l’année. Selon nos sources, c’est difficile de faire un lien de causalité direct entre le remaniement et le recul du marché.

Le remaniement était guetté par les acteurs du marché qui étaient dans l’attentisme depuis plusieurs mois. Cette situation s’était répercutée sur la bourse de Casablanca dont les principaux indices affichaient une timide hausse. Les volumes échangés, pour leur part, était infimes.

Le remaniement du gouvernement s'est traduit par l’arrivée de six nouveaux profils, un resserrement de l’effectif composant le gouvernement et une organisation par pôles.

                  >>> Lire aussi : Remaniement gouvernemental : la nouvelle architecture validée

Sollicité afin de commenter la légère décélération du MASI et l’effritement des volumes échangés sur le marché, enregistrés il y a quelques semaines, Bachir Tazi, Directeur de CFG Bank Capital Markets, avait parlé dans un précédent article de l’attentisme qui règne sur la bourse de Casablanca, en lien, entre autres, avec l’attente du remaniement du gouvernement. 

"Ils [les investisseurs, ndlr] attendent également de voir ce qui va se passer au sujet du remaniement gouvernemental, s’il y aura une nouvelle feuille de route pour la période qui reste au gouvernement actuel entre 2020 et 2021… il y a beaucoup d’attentisme vis-à-vis de cela", avait-il déclaré.

Le remaniement est maintenant fait. Quel est l’impact sur le marché boursier ?

Selon le directeur d'investissement chez un institutionnel de la place, préférant s’exprimer sous couvert d’anonymat, « globalement, ce remaniement est une bonne chose. Il vient mettre fin à l’attentisme qui a touché tous les secteurs de l’économie marocaine, ce qui a été ressenti également dans le secteur financier et plus particulièrement au niveau de la bourse de Casablanca ».

« La réduction de l’effectif du gouvernement qui passe de 40 membres, entre les ministres, les ministres délégués et les secrétaires, à 24 membres est vraiment remarquable. C’est avantageux d’un point de vue de la gestion et de la cohésion de l’équipe ».

Et de continuer : « Travailler avec une équipe composée de 40 membres était un peu pénible et on le voyait. Il y a des chantiers importants qui étaient bloqués. Avec la réduction de l’effectif, cela favorisera plus de synergie, de communication, de structuration et de visibilité ».

Donc, « théoriquement, ce remaniement pourrait relancer des chantiers qui étaient bloqués et ainsi relancer l’économie en général ».

Par ailleurs, « établir un lien direct de causalité entre ce changement et le marché boursier est un peu difficile ».

« Le marché financier a ses propres acteurs. Ceux-ci, à l’image de l’AMMC et de la bourse des valeurs de Casablanca, n’ont pas été touchés. Ils ne dépendent pas fortement du gouvernement. Par exemple, on ne va pas attendre le remaniement ministériel pour faire une action au niveau de l’AMMC ou au niveau de l’ACAP pour les assurances, ou au niveau de Bank Al-Maghrib. Le ministère des finances et de l’économie, qui influence directement le marché, n’a pas été affecté ». 

Ainsi, notre interlocuteur pense qu’il n’y aura pas d’impact direct sur la bourse de Casablanca

A la limite, pour le moment, « s’il y a un impact, il ne sera pas ressenti d’une manière forte, tout simplement parce qu’il y a d’autres mécanismes qui modulent le marché. Il y a des secteurs, représentés à la cote casablancaise qui sont très règlementés et qui dépendent directement des ministères et des administrations publiques. Il y a d’autres secteurs qui ne le sont pas et du coup ils ne subiront pas d’impact direct ».

Dans le même registre, Bachir Tazi nous avait déclaré qu’ "il faut toutefois dire que même si le remaniement attendu est accueilli favorablement, la dynamique qu’il insufflera sera limitée et elle ne changera pas radicalement la donne du marché".

De plus, « cette nouvelle équipe, même si on parle de l’arrivée des compétences et des technocrates, n’aura malheureusement pas beaucoup de temps pour mettre en exergue ses compétences. Naturellement, ces ministres feront ce qu’ils peuvent faire, mais ça serait difficile pour eux de s’inscrire dans des chantiers structurants à moyen et long terme », continue notre source.

Le MASI efface ses gains annuels 

Le MASI a effacé tous ses gains annuels au lendemain du remodelage du gouvernement. 

Le principal indice de la cote a cédé 0,45% pour descendre à 11.315,63 points, portant ainsi sa variation annuelle à -0,43%. Il y a quelques semaines, il affichait un gain qui dépasse les 2% en variation annuelle. (Voir graphique ci-dessous)

Evolution du MASI depuis le début de l'année 2019

Graph MASI

Il s’avère que c’est difficile de prouver qu’il y a un lien de causalité direct entre le remaniement du gouvernement et le repli du MASI. 

Ce qui est sûr à présent, c’est que la tendance qui règne sur le marché reste grincheuse. C’était le cas avant le remaniement. Et il semble que cette situation va perdurer encore pour quelques jours, ou quelques semaines... Les investisseurs ont peut-être besoin de plus de temps pour digérer ce changement et réorienter leurs décisions d’investissement. 

S’ajoute à cela que les réalisations des sociétés cotées au titre du premier semestre 2019 s’affichent en deçà des prévisions.

La scène actuelle ne laisse pas présager un retour du dynamise.

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