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Deux professionnels reviennent sur l’évolution du marché des Bons du Trésor ce début d’année 2021. D’après eux, le Trésor est dans une situation plus ou moins confortable, la demande qui était haussière commence à s’épuiser et les taux partent d’une tendance baissière vers une stabilisation. 

Bons du Trésor : la demande ralentit, les taux se stabilisent (experts)

Par M. Ett. | LE 09-02-2021 17:03
Deux professionnels reviennent sur l’évolution du marché des Bons du Trésor ce début d’année 2021. D’après eux, le Trésor est dans une situation plus ou moins confortable, la demande qui était haussière commence à s’épuiser et les taux partent d’une tendance baissière vers une stabilisation.

Le marché des Bons du Trésor a démarré l’année 2021 sur une tendance baissière de la courbe des taux, poursuivant ainsi le rythme observé vers la fin de l’année 2020 et confirmant les prévisions des opérateurs.

D’après le directeur d’une salle des marchés de la place, cette tendance s’explique par deux principales raisons : « la première concerne le fait que le Trésor a levé 3 milliards de dollars vers la fin de 2020. Donc, il a terminé l’année confortablement. C’est pour cette raison qu’il a effectué des rachats de Bonds du Trésor », précise-t-il.

Ce qui nous ramène au deuxième facteur expliquant la baisse des taux au début de cette année. « Les remboursements effectués par le Trésor ont porté sur un montant de plus de 12 milliards de DH. Cela veut dire que ces 12 milliards ont été réinjectés sur le marché et qu’il fallait bien que les investisseurs les réinvestissent. Automatiquement, ils se sont rués vers les Bons du Trésor lors des adjudications. Ce qui a fait que les taux suivaient une tendance baissière », ajoute notre source.

Joint par LeBoursier, Ahmed Zhani, économiste en recherche macroéconomique et taux à CDG Capital, précise que « l’ajustement de la courbe des taux post sortie à l’international a généré une tendance baissière qui a concerné immédiatement le court-terme. Par la suite, on a observé une transmission vers les parties moyennes et longues.

Léger épuisement de la demande

On a commencé l’année sur une forte demande, d’après nos deux sources. Mais selon Ahmed Zhani, il n'y avait pas beaucoup d'émissions de bons du Trésor. Par la suite, « et comme le Trésor a mené des opérations importantes, cela a épuisé légèrement la demande. Maintenant, on s’oriente vers une courbe qui est relativement stable. Les anticipations du marché actuellement ne sont pas assez importantes pour faire bouger la courbe », nous indique-t-il.

Le Trésor avait en effet annoncé un besoin de 13 milliards de DH lors du premier mois de cette année. Pour le mois de février, son besoin se situe entre 10 et 10,5 milliards de DH.

D’après notre interlocuteur, ce léger épuisement de la demande a été observé au cours de ces 3 à 4 dernières semaines.

Et d’expliquer : « on est dans un climat d’attentisme. Le marché attend le prochain conseil de Bank Al-Maghrib en mars et les annonces concernant les recettes de l’acompte de l’IS du mois prochain. Ces recettes conditionnent un peu l’évolution de la situation budgétaire et de la situation fiscale. Pour le moement, le marché a intégré toutes les informations disponibles. La stabilisation de la courbe actuelle est un comportement classique en cette période ».

Notre premier interlocuteur nous indique qu’« actuellement, le Trésor reste excédentaire sur le marché de près de 14 milliards. Il faut garder en tête qu’il a la contributin au fonds Mohammed VI qu’il doit verser. Mais, ce n’est que l’exécution de ce qui a été prévu au niveau de la loi de finances 2021. Il ne s’agira pas d’une sortie exceptionnelle », souligne le directeur de la salle de marché.

Ahmed Zhani, lui, insiste sur le fait qu’il ne faut pas oublier que « le déficit prévu cette année est très important, l'équivalent de 6,5% du PIB. Cela reste relativement important par rapport à la capacité du marché ».

Il souligne également qu’il y a deux éléments à prendre en considération. « D’abord, il n’y a pas que le budget général qui détermine le budget de l’Etat. Il y a d’autres éléments de la finance publique qui impactent le besoin du Trésor. De l’autre côté, les sorties à l’international du Trésor et les financements bilatéraux sont difficiles à anticiper et à quantifier. Le Trésor va continuer à lever sur le marché local, mais une fois qu'il sentira que les opérateurs anticipent un besoin important et commencent à proposer des taux élevés, il peut prévoir une sortie à l’international ou bien des tirages sur des lignes de financement existantes ».

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