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Avec la hausse prévue du déficit budgétaire, à cause de l'impact de la crise liée au Covid-19, les besoins de financement du Trésor vont augmenter. Ils seront comblés par des emprunts en devises mais aussi par plus d'émissions de bons du Trésor sur le marché domestique.

Bons du Trésor : Les opérateurs s'attendent à une hausse des levées de l'Etat

 | LE 20-05-2020 19:29
Avec la hausse prévue du déficit budgétaire, à cause de l'impact de la crise liée au Covid-19, les besoins de financement du Trésor vont augmenter. Ils seront comblés par des emprunts en devises mais aussi par plus d'émissions de bons du Trésor sur le marché domestique.

Le déficit budgétaire devrait se creuser fortement en 2020. La crise liée au Covid-19 va générer une baisse des recettes de l’Etat à cause du tassement de la consommation et de l'arrêt de plusieurs secteurs d'activité, sachant que les dépenses publiques seront maintenues, voire renforcées pour soutenir les ménages et la relance économique.

« Selon un consensus de prévisions (BM, PNUD et UNECA), le déficit budgétaire pourrait se détériorer jusqu’à 6% du PIB en 2020 contre 3,5% prévu initialement dans la LF 2020 », indique Attijari Global Research (AGR) dans une note analysant l’impact du Covid-19 sur l’économie.

Selon les prévisions de CFG, le déficit budgétaire devrait doubler en 2020 par rapport à 2019 pour s'établir à 7,5% du PIB. Il devrait se situer à 80,6 milliards de DH en 2020 (en hausse de 38,5 milliards de DH) contre 42 milliards de DH prévus par la loi de finance 2020.

Malgré les fonds mobilisés à travers le Fonds Covid-19, dont les ressources ont atteint 32,7 milliards de DH au 18 mai 2020 pour 13,7 MMDH de dépenses pour le moment, le Trésor devrait renforcer son recours aux emprunts sur le marché local et international pour faire face à la situation.

Prêts mobilisés auprès de la Banque Mondiale, de l'Union Européenne, du Fonds monétaire arabe... Le recours aux bailleurs de fonds bilatéraux et multilatéraux a déjà commencé. De même, le Maroc compte sortir sur le marché financier international pour lever de l’argent. « L'Etat marocain a entamé les discussions avec les principaux bailleurs de fonds bilatéraux et multilatéraux et s'apprête dans les plus brefs délais à émettre des bonds sur le marché financier international », avait indiqué Mohamed Benchaâboun, ministre de l’Economie et des Finances, lors de son intervention à la chambre des conseillers mardi 19 mai.

Notons que la LPL du FMI, dont les 3 milliards de dollars ont été tirés début avril, ne peuvent servir à alimenter le budget de l'Etat. Elles servent uniquement à équiliber le compte courant et à renflouer les réserves de change du pays.

Hausse des levées sur le marché local prévue à partir du mois de juin 

Pour combler ses besoins de financement, le Trésor devrait augmenter ses levées sur le marché local aussi. 

D’après le directeur de la salle de marché d’une banque de la place, « le Trésor n’a pas beaucoup levé d'argent en avril. Il s’est reposé sur les ressources du Fonds Covid-19. Les levées du mois de mai compensent en partie les levées qu’il devait faire en avril. A présent, on est à 13 milliards de DH de levées. Mais la hausse des levées sur le marché local devrait être observée surtout à partir du mois de juin ».

En face, la demande des investisseurs reste grandissante. « Les investisseurs ont toujours besoin de placements et de rentabilité. Mais actuellement l’appétit des investisseurs porte surtout sur le court terme. Les investisseurs attendent d’avoir plus de visibilité avant de s’engager sur le long-terme », indique-t-il.

« Mais, globalement, il est encore trop tôt pour estimer l’impact exact de la hausse des besoins de financements du Trésor sur le marché des Bons de Trésor », conclut notre source

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