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Le but est d’aller vers une transformation digitale des assurances de façon organisée plutôt que de la subir. Les intermédiaires, longtemps inquiétés par la menace que représente le digital sur leur métier, contribueront à cette étude qui débouchera sur une feuille de route.

Assurances : l'ACAPS lancera une étude sur la digitalisation en concertation avec les intermédiaires

Par Sara El Hanafi | LE 12-09-2019 16:22
Le but est d’aller vers une transformation digitale des assurances de façon organisée plutôt que de la subir. Les intermédiaires, longtemps inquiétés par la menace que représente le digital sur leur métier, contribueront à cette étude qui débouchera sur une feuille de route.

Au sein de l’industrie des assurances, la digitalisation est le défi que certains redoutent et que d’autres guettent, le considérant plutôt comme une opportunité. Car si les compagnies d’assurance y voient une manière de répondre à un besoin de plus en plus présent chez les assurés, les intermédiaires, eux, y voient une menace pour leur fonction de distribution.

Interpellé sur la question lors de la 4e réunion annuelle de la FNACAM ce 11 septembre à Casablanca, Abdelmajid Mimouni, Directeur de la protection des assurés à l’ACAPS, a indiqué que l’autorité va lancer incessamment une étude autour du sujet, à laquelle seront associées les différentes fédérations des intermédiaires ainsi que la fédération des assureurs, afin de sortir une feuille de route qui s’adapterait aux spécificités de chaque profession.

"Le but est d’aller vers cette transformation digitale de façon organisée plutôt que de la subir", a-t-il indiqué. "Nous essayerons de sortir avec une feuille de route qui ne livre pas un seul modèle de digitalisation mais plusieurs modèles qui seraient adaptés à tout le monde".

Dans ce sens, l’ACAPS à travers Abdelmajid Mimouni tient à rassurer les intermédiaires en assurance, qui craignent que leur métier disparaisse si l’assurance parvient à être 100% digitalisée au Maroc, chose qui s’est déjà passée dans certains pays selon ces mêmes intermédiaires. Ceux-ci contribueront donc à façonner l’assurance digitalisée au Maroc.

Cela étant, Mustapha Moufid, Directeur général adjoint en charge de la transformation pour AXA Assurance Maroc et Afrique subsaharienne, estime que l’industrie de l’assurance au Maroc n’est pas prête à se délester des intermédiaires, et avance que leur rôle demeure vital dans la chaîne de valeur de la profession.

"En dépit des diverses expérimentations de vente en ligne au Maroc que nous avons effectuées, nous n’avons pas encore trouvé un système digital assez évolué pour gérer la relation client dans un contrat d’assurance comme un intermédiaire peut le faire", explique-t-il.

Il ajoute : "Dans la vente directe en ligne, il y a énormément de chutes. C'est-à-dire que le client peut effectuer des simulations, demander des devis, et puis, plus rien, il disparaît. Chez un intermédiaire il n’y a pas de chutes, parce qu’il y a une relation de confiance qui s’installe".

Pas d'entraves réglementaires à la digitalisation

Si à l’heure actuelle la digitalisation de l’assurance semble complexe, Abdelmajid Mimouni révèle que du côté réglementaire, elle est déjà une réalité.

"Pour nous, un intermédiaire ou une compagnie peut vendre de l’assurance en ligne de bout en bout dès demain", avance-t-il. "Il faudra juste respecter les pré-requis de conformité et ceux relatifs à la signature électronique".

Sur le volet de la conformité, régie par un cadre légal composé de la loi sur la protection des consommateurs, la loi sur l’échange électronique et le code des assurances;  Abdelmajid Mimouni affirme que l’ACAPS est prédisposée à offrir son accompagnement aux différents intervenants de la profession pour les aider à concevoir une offre digitale conforme à ses exigences.

Cela étant, sur le volet de la signature électronique, le Directeur de la protection des assurés indique que cela ne relève pas de la compétence de l’ACAPS : "Il y a des prestataires qui peuvent le faire. Mais pour nous, il faudrait juste nous démontrer que la solution mise en place en termes de signature électronique satisfait le dispositif réglementaire, à travers par exemple une attestation du prestataire", explique-t-il.

Abdelmajid Mimouni rappelle que la signature électronique repose sur deux fondements majeurs ; à savoir l'identification complète des parties contractantes et l’intégrité du document signé.

Le représentant de l’ACAPS avance que globalement, afin de mettre en place des solutions de vente en ligne, il faudra passer par un processus d’homologation auprès de l’autorité. Abdelmajid Mimouni indique qu’actuellement, les seules solutions sur lesquelles l’autorité a donné son accord sont des processus de vente qui s’arrêtent au devis, le contrat lui-même devant être signé manuellement.

"C’est limitant pour les clients, mais il ne s’agit pas d’une limitation de notre part relative à la réglementation", conclut M.Mimouni.

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