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L’offre d’Addoha dans le cadre de son augmentation de capital semble décevoir plus qu’elle ne rassure sur la situation du groupe immobilier, dont la valorisation a atteint des niveaux bas records en bourse.

Addoha : L'augmentation de capital laisse des investisseurs perplexes

 | LE 10-12-2019 16:45
L’offre d’Addoha dans le cadre de son augmentation de capital semble décevoir plus qu’elle ne rassure sur la situation du groupe immobilier, dont la valorisation a atteint des niveaux bas records en bourse.

C’est l’opération financière phare du moment : l’augmentation de capital d’Addoha. Annoncée en mars dernier, elle porte sur 800 millions de dirhams, et est réservée aux actionnaires du groupe et aux détenteurs de droits préférentiels de souscription.

L'opération va se réaliser à travers un apport en numéraire et par compensation avec des créances liquides et exigibles; alors qu'Anas Sefrioui, PDG du groupe, détient une créance en compte courants d'associés de 1,16 milliard de dirhams sur la société.

La note d’information de l’opération est méticuleusement étudiée par les investisseurs, d’autant plus que l’opération était très attendue; l’offre d’Addoha semble décevoir plus qu’elle ne rassure sur la situation du groupe immobilier, dont la valorisation a atteint des niveaux bas records en bourse.

De nombreux investisseurs, du plus petit au plus grand, s’interrogent d’abord sur la fixation du prix de l'action Addoha dans l’augmentation de capital à 10 dirhams, selon la méthode de la moyenne des cours boursiers sur les 6 derniers mois. Un prix désavantageux alors que l'action s’échangeait sur le marché à 8 dirhams: "Mais pourquoi donc l’acheter à 10 alors qu’elle vaut moins sur le marché ?" s’interroge un analyste.

D’autant plus que le risque de dilution et de la baisse du rendement par action, du fait de la non-souscription à cette augmentation de capital, n’est véritablement pesant que chez l’actionnaire principal, qui n’est d’autre qu’Anas Sefrioui. A l’heure actuelle, celui-ci détient plus de 56% du capital, avec 33% de flottant et seulement 11% ventilés entre cinq institutionnels.

La RCAR et la CMR, qui détiennent respectivement plus de 6% et de 2% du capital de l’immobilière, sont également dans une position relativement forte et pourraient donc voir leurs parts se diluer, mais à un degré bien moindre: "Ce sont les seuls qui pourront suivre et souscrire à l'augmentation", avance notre interlocuteur.

"A moins de véritablement croire en Addoha de manière très forte, je ne vois pas quelqu’un souscrire à l’opération alors que le marché offre moins", ajoute-t-il.

Diverses options

De ce fait, les options d’investissement sont diverses et chacun fera son choix selon une stratégie court-termiste ou long-termiste.  

Si lesdits institutionnels désirent garder leur part dans le capital d’Addoha, ils souscriront à l’augmentation de capital. Sauf s’ils décident de ramasser les actions dans le marché central à moindre prix, surtout qu’à la base, leur participation n’est pas très significative. Le cours de la valeur a d’ailleurs grimpé de 18% depuis l'annonce de l'augmentation de capital. Un ramassage supplémentaire fera grimper le cours plus fortement.

Mais justement, la forte demande pour l’action sur le marché central n’implique pas forcément une volonté de se renforcer dans le capital d’Addoha à moindre prix. Elle peut tout simplement refléter une stratégie spéculative court-termiste : Acheter à 8 DH et revendre aux alentours des 10 dirhams, alors que le cours s'aligne graduellement sur le prix proposé dans l’augmentation de capital.

Souscrire tout court à l’augmentation de capital, à 10 dirhams l’action refléterait quant à lui une véritable confiance renouvelée dans le groupe immobilier, mais surtout dans ses perspectives et dans ses réalisations futures; alors que celui-ci ne présente même pas de business plan ou de flux futurs dans sa note d’information, et se contente d'expliquer que les fonds levés serviront à injecter de la liquidité immédiate, de renforcer la structure des fonds propres, et d'investir dans les relais de croissance en Afrique de l'Ouest.

Les mêmes options se posent pour les petits porteurs désirant se renforcer davantage dans le capital d’Addoha, bien que ceux-ci ne présentent pas de véritables contraintes: "Ces investisseurs là n’ont pas de soucis de dilution. Ils vont mesurer ce que cette action leur apporte", explique notre interlocuteur.

Il faut dire que pour l'instant, l'action Addoha ne rapporte pas grand chose. L'immobilière n'a pas distribué de dividendes sur les résultats de 2018 et n'offre aucune visibilité pour les années à venir. De surcroît, les bénéfices sont en dégradation.

Mais à 8 ou 10 dirhams, un groupe d'investisseurs, notamment de petits porteurs, juge que la valeur reste véritablement sous-valorisée et qu'elle ne pourra baisser davantage. Un groupe qui estime qu'Addoha traverse une mauvaise passe et qu'elle a de beaux jours devant elle, à condition justement d'explorer les nouveaux relais de croissance, dont l'Afrique; alors que le marché marocain ne semble pas reprendre aussitôt.

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