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Ils augmenté plus rapidement que l’encours global des crédits. Ils totalisent 73,7 milliards de DH, soit un taux d’impayés de 8%. Effet de l’opération de report des échéances bancaires ? Faut-il s’inquiéter ?

Les impayés bancaires en forte hausse à fin mai 2020

Par S.N. | LE 01-07-2020 
Ils augmenté plus rapidement que l’encours global des crédits. Ils totalisent 73,7 milliards de DH, soit un taux d’impayés de 8%. Effet de l’opération de report des échéances bancaires ? Faut-il s’inquiéter ?

Malgré la crise économique et sanitaire, le crédit bancaire s’est maintenu à fin mai, d’après les dernières statistiques monétaires de Bank Al-Maghrib. Son encours s’est établi à 926 milliards de DH, en hausse de 6,5% ou de 56,4 milliards par rapport à mai 2019.

Toutefois, depuis le début de l’année, la croissance est beaucoup plus faible (+1% ou +9 milliards de DH), en raison du tassement des crédits immobiliers et à l’habitat en raison du confinement. Les crédits aux entreprises se sont, au contraire, accélérés, grâce aux crédits Damane Oxygène accordés par les banques pour permettre aux opérateurs économiques de faire face à leurs charges courantes pendant la période d’arrêt d’activité.

Cela dit, ce qui retient l’attention, c’est l’évolution des créances en souffrance des banques qui est plus rapide que celle de l’encours global du crédit.

Les impayés bancaires se sont établis à 73,7 milliards de DH, en hausse de 5,5% ou de 3,8 milliards depuis le début de l’année, et de 9% ou de 6 milliards par rapport à fin 2019.

Avec ce niveau de créances en souffrance, le taux d’impayés bancaires au niveau du secteur s’établit à environ 8%, un taux que certains considèrent comme élevé et que d’autres trouvent convenable pour une économie comme celle du Maroc.

Les impayés des ménages explosent

Quoiqu’il en soit, ce sont les impayés bancaires des ménages, qui représentent 43% du total, qui se sont le plus aggravés : +9,9% depuis le début de l’année et +14,4% par rapport à mai 2019. Cela représente des hausses de 2,9 milliards et de 4 milliards de DH respectivement.

Est-ce l’impact de l’opération de report des échéances de crédits bancaires décidée par le Comité de veille économique pour soulager les ménages dont le chef a perdu temporairement son emploi ? Normalement, le report donne lieu à l'introduction d’un avenant au contrat de prêt qui en modifie le tableau d’amortissement. Et donc le non-paiement n’est pas censé être considéré comme un défaut de paiement. A moins que ce soit temporaire, le temps de régulariser les dossiers.

Est-ce une dégradation générale de la qualité des crédits aux ménages compte tenu de la crise ? Médias24 posera la question à Bank Al-Maghrib.

Pour les entreprises, les impayés ont crû de 2,3% depuis le début de l’année et de 5,8% sur une année glissante. Une évolution que l’on peut qualifier de normale. Cela dit, la stratégie de relance de l’économie marocaine reposant en grande partie sur le crédit bancaire, le surendettement et les défauts de paiement risquent de s’aggraver, surtout si la relance s’avère lente.

Globalement, les impayés bancaires constituent un indicateur à surveiller de près en ces temps de crise. Même si les crédits de la relance sont garantis par l’Etat, une augmentation du taux de défaut aura un impact considérable sur le secteur bancaire et l’économie en général. Les prochains mois seront décisifs. Selon nos informations, des plans de licenciements massifs se préparent ou sont déjà lancés dans le secteur privé.Le risque de se retrouver avec des milliers de salariés au chômage, dans l’incapacité de rembourser leurs crédits, est très élevé.

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