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Avec la crise sanitaire du Covid-19, la transformation structurelle de l’économie marocaine peut être confrontée à de nouveaux défis mais elle peut également s’appuyer sur de nouvelles fenêtres d’opportunités.

Post Covid-19 : Les défis et les opportunités de la transformation structurelle de l'économie marocaine (Policy Center for the New South)

 | LE 16-06-2020 
Avec la crise sanitaire du Covid-19, la transformation structurelle de l’économie marocaine peut être confrontée à de nouveaux défis mais elle peut également s’appuyer sur de nouvelles fenêtres d’opportunités.

Dans le cadre d’un webinaire organisé ce vendredi 12 juin par le Policy Center for the New South sous le thème de “Transformation structurelle de l'économie marocaine: l’avant et Post-Covid”, Zoubir Benhamouche, Economiste à l’UNECA (Commission Economique des Nations Unies pour l'Afrique), souligne que le Maroc témoignait d’un essoufflement de la croissance de la productivité mais aussi du pouvoir d’achat, bien avant la crise sanitaire actuelle : la croissance du PIB par tête s’est établi à 2,13% durant la période 2010-2018 contre 3,69% durant la décennie précédente (2000 et 2010). 

Il explique que la réallocation de l’emploi à partir d’un secteur pas très productif vers un autre plus productif est la source d'une transformation structurelle et d'une croissance de la productivité. Chose qui se fait également interentreprises, c’est à dire à partir d’une entreprise à une autre qui créer plus de richesse. Le cas contraire est une distorsion. 

Les distorsions peuvent être causées par un manque de financement, par la corruption, la difficultés des entreprises à accéder aux compétences ou aux ressources nécessaires et l’écart des salaires entre le secteur public et le secteur privé. Elles sont toutefois beaucoup plus élevées au Nord de l’Afrique et au Maroc par rapport au reste du monde. 

De son côté, Abdelaziz Ait Ali, Senior Economist au Policy Center for The New South souligne que les différentes politiques industrielles au Maroc ont deux principales caractéristiques :

- Des politiques industrielles verticales mais coûteuses, qui s’attaquent à des niches d’activités qui peuvent être développées ou qui ont a un avantage comparatif. Pour y arriver, ces politiques sont adossées à un système d’incitation financier qui encourage les investisseurs nationaux et étrangers. Ces derniers apportent un certain savoir faire ce qui permet au pays de gravir les échelons du développement mais également de s’approprier une certaine technologie.

- Le secteur le plus visé est le secteur manufacturier qui est considéré comme vecteur de développement pour deux raisons principales : C’est le maillon faible par rapport aux autre secteurs. D’autre part,  avec le déséquilibre chronique de la balance commerciale, on s’attend à ce que le secteur manufacturier joue pleinement ce rôle de promoteur du produit national au niveau des marchés internationaux.

Toutefois, ces politiques engendrent une structure très rigide et les activités sur lesquelles l’Etat mise ne peuvent pas forcément toutes être améliorées. 

Pour sa part, Larabi Jaidi, Senior Fellow au Policy Center for the New South énumère les 2 critères de mesure d’une transformation structurelle : la diversification productive (le nombre de produits créés par une économie) et le degré de sophistication de ces produits, c’est à dire l'intégration de la technologie ou du capital humain valorisé pour leur production.

C’est des produits à forte valeur ajoutée qui créent de la croissance et qui permettent à un pays de mieux se positionner dans la chaîne de valeur mondiale.

“Le covid-19 va engendrer plusieurs révisions et ajustements au niveau des politiques de croissance et des stratégies de relocalisation adoptées par les pays.” explique la même source.

Selon lui, le Maroc, vu sa position géographique stratégique, pourrait profiter des relocalisations faites par les autres pays. Ainsi, la priorité est de mesurer le potentiel du Maroc à remonter la chaîne de valeur mondiale et exploiter les opportunités offertes par la crise à travers l’externalisation. Il doit également trouver des moyens d'attirer l’investissement étranger. Cela tout en créant un lien entre le capital national et le capital étranger.

D’autre part, il souligne que le pays doit améliorer le climat des affaires, l’éducation, la gouvernance, la recherche scientifique et réduire les distorsions. Toutefois, l’Etat doit garder la différenciation qui réside au niveau des systèmes incitatifs qui accompagnent ses politiques selon les besoins de chaque secteur, mais doit les ajuster au fur et à mesure et les supprimer si nécessaire. Il doit jouer un rôle de régulateur du développement et constamment évaluer ses résultats et faire en sorte à ce que la concurrence et les échanges commerciaux soient fondés sur la transparence.

Après la crise Sanitaire, Zoubir Benhamouche estime que le Maroc doit éliminer toutes les barrières qui empêchent les ressources d'être exploitées et améliorer l’efficacité des dépenses publiques. Cela en trouvant une solution au dilemme des entreprises qui ne trouvent pas des ressources humaines adéquates à leur besoin. Et en parallèle, ces fraîchement diplômés qui ne trouvent pas de postes adéquats à leur formations. D’autre part, il faut faciliter l’accès au financement pour les porteurs de projets pour ainsi, améliorer la réaction de l’économie aux dépenses publiques.

De son côté, Abdelaziz Ait Ali estime que le Maroc doit améliorer son modèle d’intégration avec ses partenaires européens. Il ajoute qu’un accord de libre échange serait une base solide. Mais pour ce faire, le pays doit s'aligner sur les normes européennes (en termes de gouvernance, du droit de consommateur..). Suite à l’avancée de la digitalisation engendrée par le covid-19, le pays doit investir davantage sur ce point. Également, le secteur manufacturier doit être adossé à un secteur tertiaire compétitif ( télécommunication, banques, logistique et marketing).

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