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Coronavirus, élections américaines, montée du protectionnisme, baisse de la production industrielle… 2020 sera une année difficile pour l’économie mondiale, un purgatoire économique selon Ludovic Subran, économiste en chef de Allianz.

Economie mondiale : 2020, année de toutes les incertitudes

Economie mondiale: 2020, année de toutes les incertitudes
La probabilité d'une pandémie de coronavirus jette une ombre menaçante sur l'économie mondiale
M. M.  | LE 25-02-2020 
Coronavirus, élections américaines, montée du protectionnisme, baisse de la production industrielle… 2020 sera une année difficile pour l’économie mondiale, un purgatoire économique selon Ludovic Subran, économiste en chef de Allianz.

L’économiste en chef de l’assureur Allianz donnait ce matin un point de presse sur la situation économique mondiale et les principaux défis pour le Maroc et l’Afrique.

Ses prévisions pour l’économie mondiale sont pour le moins alarmistes.  

"On est sur un moment difficile. L’année va se jouer sue deux sujets: le coronavirus pour le premier semestre et l’élection présidentielle aux USA sur le second semestre. 2020 sera une année de perdu pour la croissance", explique-t-il.

A ces incertitudes s’ajoutent des éléments de fond qui affectent lourdement la production industrielle et le commerce mondial.

M. Subran évoque ainsi la montée du protectionnisme qui handicape de plus en plus les échanges mondiaux. "L’arrivée de Trump a produit un choc de protectionnisme dans le monde, créant une sorte de purgatoire économique. Les barrières tarifaires ont aujourd’hui trois plus forte qu’il y a trois ans. En 2017, on était à 3,5% de barrières douanières dans le monde. On est aujourd’hui à 7,5% dans le monde et 9% entre les USA et la Chine", précise l’économiste.

Risque de récession industrielle

Autre indicateur dans le rouge: la chute de la production automobile dans le monde, notamment en Allemagne. En cause: les normes environnementales, mais aussi le coronavirus.

"Les réglementations environnementales ont tué le marché auto en 2019. Ce qui a lourdement impacté les producteurs. On estime la perte sur les profits à 15 milliards de dollars. Ce sont près de 150.000 emplois qui sont en danger", explique-t-il.

Une situation qui risque d’empirer en 2020 à cause de l’épidémie qi touche un des gros marché consommateur d’automobile: la Chine. "Une bonne partie de la production automobile allemande était tournée vers le consommateur chinois. Sur ces premiers mois de 2020, on remarque ainsi que le niveau de production en Allemagne est similaire à celui de 2008, au plus fort de la crise mondiale", souligne-t-il.

L’économiste va jusqu’à parler de risque récession de la production industrielle et du commerce mondial. "On ne sera pas en récession de croissance, de PIB, mais la production industrielle et le commerce mondial risquent d’entrer en récession", affirme-t-il.

Globalement, la croissance mondiale devrait descendre selon les prévisions d’Allianz à 2.3% en 2020, contre 2.5% en 2019.

Les effets de la crise du coronavirus

M. Subran compare cette situation à l’année 2016, année d’élections US où le monde risquait également d’entrer en récession si la Chine n’avait sauvé la mise. "Le consommateur chinois avait déjà sauvé le monde en 2016. Je ne pense pas qu’il le sauvera deux fois. La Chine est l’arrêt aujourd’hui", lance l’économiste.

Pour lui, l’impact du coronavirus a commencé déjà à se faire sentir sur la croissance. Cette crise, même si elle trouvait une rapide solution, pourrait déjà avoir coûté 0.1 point de croissance à l’économie mondiale. Pour la Chine, l’impact est plus fort: il est estimé à 1 point de croissance en moins.

L’épidémie qui se propage d’ailleurs dans d’autres parties du globe agit sur quatre anneaux d’impact, explique l’économiste: les marchés financiers, les revenus du tourisme, la production et la consommation en Chine, et le commerce international.

"On estime à 26 milliards de dollars les pertes en commerce vers la Chine par semaine, à cause des interruptions des ports, des aéroports, des affaires…", précise M. Subran.

"Dans ce contexte, il y a peu de chance de voir le commerce international contribuer positivement à la croissance marocaine en 2020", lance l’économiste.

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