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Bank Al-Maghrib prévoit une aggravation du déficit de liquidité des banques qui devrait passer de 65 milliards de DH en 2019 à 97 milliards de DH en 2021. Sachant que les réserves de change devraient se renforcer, cette prévision signifie que BAM pense que la circulation fiduciaire va continuer à augmenter fortement.

La forte augmentation du cash en circulation va-t-elle se poursuivre en 2020 et 2021 ?

Par S.E.H. | LE 18-12-2019 
Bank Al-Maghrib prévoit une aggravation du déficit de liquidité des banques qui devrait passer de 65 milliards de DH en 2019 à 97 milliards de DH en 2021. Sachant que les réserves de change devraient se renforcer, cette prévision signifie que BAM pense que la circulation fiduciaire va continuer à augmenter fortement.

Les facteurs déterminant la liquidité bancaire sont principalement les réserves internationales nettes (actif) et le cash en circulation (passif), auxquels s'ajoutent la situation nette du Trésor (actif ou passif selon la situation) et la réserve monétaire obligatoire (passif).

Après un creusement du besoin de liquidités des banques au troisième trimestre de l’année en cours à 86,7 milliards de dirhams en moyenne hebdomadaire, Bank Al- Maghrib s’attend à ce que celui-ci s’atténue à 64,9 milliards de dirhams à fin 2019, contre 69 milliards de dirhams une année auparavant.

"Les dernières données disponibles indiquent que ce déficit s’est atténué à 75,6 milliards en moyenne en octobre et en novembre, sous l’effet principalement du dernier abaissement du taux de la réserve monétaire de 4% à 2%", souligne le dernier rapport de la Banque centrale sur la politique monétaire.

Bank Al-Maghrib prévoit toutefois une accentuation du besoin de liquidités des banques pour les deux années à venir, à 82 milliards et 96,8 milliards de dirhams respectivement pour 2020 et 2021.

Pourtant, BAM prévoit que les réserves internationales nettes se situeraient à 240,7 milliards de dirhams à fin 2019 et se renforceraient progressivement pour atteindre 242,7 milliards en 2020 puis 248,2 milliards au terme de 2021.

Cela signifie-t-il qu'elle s'attend à une poursuite de la forte hausse du cash en circulation déjà entamée et qui reflète la dégradation de la confiance des opérateurs économiques suite au durcissement des contrôles de l’administration ?

La dernière augmentation du besoin de liquidités des banques a été tirée principalement par l’augmentation de la monnaie fiduciaire en circulation, qui se situe à 248,6 milliards de dirhams à fin octobre; en progression de 7,3% en glissement annuel.

Ce sont donc près de 17 milliards de dirhams supplémentaires qui sont sortis du système en une année, soit le flux le plus important depuis au moins 2011.

Cette prévision a de quoi interpeller alors qu’une série d’amnisties fiscales est prévue en 2020, à travers lesquelles le gouvernement veut rétablir la confiance de divers opérateurs économiques et les pousser à intégrer le système financier. Ceux-ci sont invités à régulariser leur situation en payant une contribution libératoire ou un surplus d’impôt.

Les principales amnisties qui pourront insuffler de la liquidité dans le système bancaire concernent le cash non déclaré au Maroc et les liquidités détenues à l’étranger. Cette dernière est une duplication totale d’une opération réalisée en 2014 et qui a permis de rapporter environ 28 milliards de dirhams.

Le gouverneur de Bank Al-Maghrib Abdellatif Jouahri a affirmé que son institution n'a pas pris en compte l'éventuel impact de ces amnisties pour l’élaboration des prévisions des besoins de liquidités des banques. Mais il faut dire que le système bancaire en plus des autorités financières et monétaires croisent les doigts et espèrent des rentrées de cash significatives.

Car ce sont ces rentrées là qui permettront en partie d'atténuer la pression sur les liquidités des banques qui doivent malgré ce contexte ouvrir davantage le robinet du crédit, en application des recommandations du discours royal du 11 octobre.

Les banques jonglent entre cette impératif et celui du maintien d'un niveau de dépôts consistant qui leur permettrait de ne pas dépasser le maximum de 100% du ratio de transformation des dépôts en crédits, enfreignant ainsi les règles prudentielles en place.

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