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Des investisseurs contactés par nos soins ne croient pas tous à une reprise de l’économie marocaine en 2020. Ils continueront à investir, notamment sur le marché boursier, mais avec une grande prudence.

Projections pour l’année 2020 : des investisseurs mitigés

Par M. Ett. | LE 03-12-2019 
Des investisseurs contactés par nos soins ne croient pas tous à une reprise de l’économie marocaine en 2020. Ils continueront à investir, notamment sur le marché boursier, mais avec une grande prudence.

"2019 était une année difficile, mais on préfère rester optimiste et croire que 2020 sera légèrement meilleure", nous déclare un directeur d’investissement chez une compagnie d’assurance de la place.
Selon lui, ce sentiment se base sur un certain nombre d’hypothèses : 

- Sur le plan international

* la consolidation de la croissance de l’économie internationale qui devrait se situer autour de 3%. 

Le Fonds monétaire international (FMI) table pour 2019 sur la croissance la plus faible depuis la crise financière, incriminant en premier lieu la guerre commerciale entre les Etats-Unis et la Chine qui entame durement le commerce international. Par ailleurs, pour l’année 2020, le FMI a anticipé un rebond de la croissance mondiale en 2020 à 3,4%.

* un relâchement probable des tensions économiques et commerciales entre les Etats-Unis et la Chine. Ces tensions ont pesé lourdement sur les performances de l’année 2019. 

* la probabilité d’un dénouement favorable relatif au sujet du Brexit, qui constitue actuellement un blocage pour l’économie de l’Europe, et donc par extension toute l’économie mondiale.

- Sur le plan national : une légère reprise de l’activité du secteur primaire est prévue. Cette amélioration impliquerait nécessairement une amélioration des revenus et ainsi une augmentation de la consommation.

En effet, le secteur primaire profitera d’un effet de base positif en raison de la prévision d’une campagne céréalière moyenne. Ce secteur devrait enregistrer une croissance de 4,6%, selon le Haut Commissariat au Plan (HCP). 

"Ceci dit, malheureusement, le secteur des industries et services peine toujours à enregistrer des performances stables de nature à porter la croissance. Cette situation est principalement liée à la difficulté d’accès au financement des PME et TPE", souligne notre interlocuteur.

Et de continuer : "Certes, les dispositions de la nouvelle loi de finances ainsi que l'engagement des banques pour le financement de l'économie vont apporter quelques solutions mais ce n’est pas suffisant pour améliorer significativement l'économie".

                  >>> Lire aussi : PLF 2020: le taux d’IS ramené de 31% à 28% pour les entreprises industrielles

Ainsi, "les décisions et les stratégies d'investissement seront donc tributaires de la performance économique et seront ajustées au fur et à mesure de la concrétisation de ces prémices", conclut-il.

Inquiétude et pessimisme

La même question, concernant les projections pour l’année économique et boursière de l’année 2020, a eu une réponse avec un ton différent. 

"Nous sommes inquiets", nous déclare le directeur général d’un groupe d’investissement familial, s’exprimant sous couvert d’anonymat.

"Le volet fiscal ne satisfait pas. A voir les changements effectués, on dirait qu’il s’agit d'un sabotage", pense-t-il.

Notre interlocuteur fait référence, entre autres, au recours aux Avis à Tiers Détenteurs (ATD), qui est un mécanisme de recouvrement forcé utilisé par le recouvreur public (la DGI, la TGR,…).

A rappeler qu’en avril dernier, l'administration fiscale a diffusé une note de service pour la "redéfinition du cadre d’engagement de l’ATD" afin de clarifier le mode opératoire de l’ATD en insistant sur le rappel des dispositions légales déjà existantes.

               >>> Lire aussi : Recouvrement forcé de l'impôt: la DGI verrouille la procédure des ATD

Selon notre interlocuteur, ce mécanisme "n’inspire pas confiance aux opérateurs" et il "les pousse à circuler avec du cash".

Il trouve également qu’il y a une autre mesure fiscale qui freine l’économie. Il s’agit de la Taxe sur terrain non bâti (TNB). 

Selon lui, cette taxe "pèse sur les promoteurs immobiliers qui étaient auparavant des fleurons de l’économie marocaine et qui sont maintenant en difficulté".

Cette taxe s'applique à la superficie non bâtie qui dépasse de cinq fois la superficie couverte par l'ensemble des constructions. Elle a été instaurée pour contrer les mouvements spéculatifs sur le foncier, mais cela impacte également la rentabilité des promoteurs, dans la mesure où la TNB ne fait aucune distinction entre les professionnels et un particulier qui choisirait de faire un bon placement dans le foncier.

              >>> Lire aussi : Promotion immobilière: un mémorandum de la profession pour relancer le secteur

"Il y a un adage qui dit ‘’Quand l’immobilier va, tout va’’. Maintenant ce secteur est en difficulté, c’est toute l’économie qui en pâtit", continue-t-il.

              >>> Lire aussi : Un grand manque de visibilité entoure les promoteurs immobiliers cotés en bourse

"Notre tissu économique regorge d’un potentiel extraordinaire qui n’est pas mis en valeur", déplore notre source.

Compte tenu de la situation actuelle, "nous sommes dans l’attente. Certes, on n’arrête pas nos investissements parce qu’on ne peut pas le faire mais on les limite", conclut-il.

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