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Label'Vie veut maintenir sa dynamique d'investissement dans un secteur en plein essor. D'où son recours à un autre reprofilage de sa dette long-terme qui s'inscrit en hausse mais reste "soutenable", eu égard au cash généré par l'activité. Telle est la lecture d'un analyste.

Avec le reprofilage de sa dette, Label'Vie "accélère son expansion" (analyste)

Par Sara El Hanafi | LE 12-11-2019 
Label'Vie veut maintenir sa dynamique d'investissement dans un secteur en plein essor. D'où son recours à un autre reprofilage de sa dette long-terme qui s'inscrit en hausse mais reste "soutenable", eu égard au cash généré par l'activité. Telle est la lecture d'un analyste.

A travers une nouvelle émission obligataire de 750 millions de dirhams, le groupe de distribution Label’ Vie vise à reprofiler l’encours de sa dette privée, notamment en échangeant les nouvelles obligations contre les obligations des tranches C et D de l’émission obligataire lancée par le groupe en 2014.

Ces tranches là totalisent un pactole de 1,03 milliard de dirhams, dont le remboursement in fine est prévu en décembre prochain. Les investisseurs détenteurs de ces obligations sont prioritaires en termes de souscription à la nouvelle émission, sans limitations, c'est-à-dire qu’ils peuvent souscrire à la totalité des 750 millions proposés actuellement par Label’Vie.

Au-delà de la volonté de financer ses investissements et son expansion à travers cette émission, le groupe met en avant "sa volonté d’optimiser son coût d’endettement en profitant de la baisse des taux sur le marché". Une donne confirmée par un spécialiste : "Les taux d’intérêt ont baissé, et il est plus intéressant pour Label’Vie d’avoir une dette sur la base des taux de 2019 plutôt que sur la base des taux de 2014. S’ils peuvent convaincre les investisseurs d'échanger leurs obligations, ce serait bien pour eux", explique-t-il.

Seulement voilà, Label’Vie a déjà eu recours à une opération similaire car l’émission de 2014 a elle-même porté sur une opération d’échange d’obligations et de billets de trésorerie existants à l’époque. De prime-abord, Label’Vie peut apparaître comme repoussant sa dette et ses échéances par ces reprofilages successifs ; surtout que ce dernier reprofilage portera son ratio d’endettement à 112%, un niveau conséquent.

Pour notre interlocuteur cependant, il n’existe aucun doute sur les bons fondamentaux de Label’Vie et sa capacité à rembourser sa dette ; en avançant que la compagnie est en plein développement, ce qui justifie son endettement.

"C’est un arbitrage. Au lieu de choisir de rembourser leur dette entièrement en marquant une pause sur leur expansion, ils ont préféré en rembourser une partie tout en maintenant la dynamique d’investissement, en baissant leur coût de financement en plus. Tout cela leur sera bénéfique", indique-t-il.

Il ajoute: "A 112%, le niveau de la dette est élevé mais je pense que c’est soutenable, car il faut voir également la capacité de remboursement, et raisonner de façon sectorielle. Le secteur de la grande distribution au Maroc connaît une véritable expansion marquée par plusieurs ouvertures et investissements. Le marché n'est pas mature sur ce secteur".

En effet, le cabinet de recherche Euromonitor International présente des perspectives positives pour le secteur de la grande distribution au Maroc, sur les trois segments dans lesquels opère Label’Vie à savoir les hypermarchés, les supermarchés et les Hypercash.

Sur le premier segment, Euromonitor prévoit une hausse moyenne de 4% sur les 5 prochaines années, atteignant un chiffre d’affaires global de 17,7 milliards de dirhams à fin 2023. Sur le segment des supermarchés, Euromonitor prévoir un chiffre d’affaires de 15,5 milliards de dirhams contre 13,5 milliards de dirhams à fin 2019.

Le segment Hypercash devrait pour sa part bénéficier de l’engouement que connaît le secteur de la distribution moderne dans sa globalité, au vu des facteurs comme l’urbanisation croissante de la population marocaine ou l’augmentation soutenue de la consommation des ménages.

"Il faut dire que jusqu’à présent, l’activité de Label’Vie est génératrice de cash, le problème de la capacité de remboursement ne se pose donc pas", continue notre analyste. "Lorsque Label’Vie n’aura plus de cash, elle sera contrainte de réduire l’investissement, ou bien de le financer par dette bancaire. Je pense que toutes les possibilités qui s’offrent à l’entreprise ont été préalablement étudiées", conclut-il.

Le groupe de distribution prévoit d'ailleurs dans la note d'information relative à son émission obligataire une réduction progressive de son endettement à l'horizon 2021.

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