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Dans son dernier rapport sur le Maroc, la Banque mondiale soulève le retard accusé par le Royaume dans le secteur des TIC par rapport aux pays qu’il considère comme concurrents dans ce domaine, notamment en termes de pénétration du haut débit. 

Economie numérique : le Maroc est à la traine (Banque mondiale)

 | LE 05-08-2019 
Dans son dernier rapport sur le Maroc, la Banque mondiale soulève le retard accusé par le Royaume dans le secteur des TIC par rapport aux pays qu’il considère comme concurrents dans ce domaine, notamment en termes de pénétration du haut débit.

La Banque mondiale estime que le développement de l’économie numérique au Maroc ne peut être effectué qu’en relevant le défi de l’amélioration de l’accès au haut débit, en particulier le haut débit fixe.

Elle explique que : "Le haut débit fixe permet d’acheminer beaucoup plus de trafic que les réseaux sans fil et offre des vitesses plus rapides et une plus grande fiabilité, essentielles pour l’économie numérique. Lorsque le haut débit est plus largement disponible, la productivité du travail augmente dans les services et l’industrie".

Le haut débit pourrait jouer un rôle déterminant dans l’amélioration de la qualité des services, notamment dans les secteurs de l’éducation et de la santé. L'institution estime également que les secteurs de l’agriculture, les industries automobile et aéronautique sont profondément affectés par l’utilisation des TIC (Technologies de l’information et de la communication) dans leur processus de fabrication. 

Le développement de l’économie numérique contribuerait à une administration publique moderne en introduisant des services publics numériques accessibles à tous, qui réduiront la complexité des procédures administratives, ainsi que la corruption.

Ci-après quelques points soulevés par la Banque concernant le retard du développement de l’économie numérique au Maroc : 

> Un faible taux de pénétration du haut débit

Le rapport soulève le retard accusé par le Maroc dans le secteur des TIC par rapport aux pays qu’il considère comme concurrents dans ce domaine, notamment en termes de pénétration du haut débit. 

Ce retard est expliqué par le manque de concurrence, une réglementation incomplète et inefficace et un sous-investissement dans les infrastructures fixes. 

Selon la banque, le taux de pénétration du haut débit au Maroc est l’un des plus faibles de la région MENA : 17,5% pour les ménages pour le haut débit fixe et 41% de la population pour le haut débit mobile en 2015 contre une moyenne régionale de 41 et 85 pour cent en ordre respectif. 

Le taux de pénétration du haut débit au Maroc est également inférieur à celui de certains pays d’Europe de l’Est, où les taux sont proches de 50% pour le fixe et 100% pour le mobile. 

> Un développement rapide de la téléphonie mobile entravant l’expansion de l’Internet haut débit 

Parmi les éléments qui n’ont pas permis une forte expansion de l’économie numérique, la Banque cite le développement rapide du marché de la téléphonie mobile au cours des 15 dernières années. 

Le taux de pénétration du mobile (nombre de cartes SIM par rapport à la population) a atteint 127% à fin mars 2019, selon les statistiques de l'ANRT.

Pour la Banque mondiale, ce marché est saturé, il n’est plus en croissance. 

> Une réglementation du secteur des télécommunications incomplète

Le rapport souligne que le nombre limité d’opérateurs dans le secteur des télécommunications reflète une réglementation incomplète et inefficace du secteur. 

« Maroc Telecom est propriétaire du réseau de transmission fixe et a fortement investi dans le réseau de fibre optique, alors que d’autres opérateurs n’ont investi que modestement dans les infrastructures fixes », souligne la banque en ajoutant que « ceci reflète à la fois leur manque d’intérêt et le fait que les politiques de dégroupage de la boucle locale de cuivre mises en place par l’Agence nationale de régulation des télécommunications (ANRT) depuis plus de dix ans n’ont pas été mises en œuvre.

La concurrence dans le domaine de l’Internet à haut débit reste ainsi limitée.

> Un retard en matière de paiement mobile 

Le développement du paiement mobile, qui est un élément essentiel pour soutenir la croissance de l’économie numérique, est en retard au Maroc.

La banque explique cela par l’existence d’un cadre réglementaire imparfait mis en place avant la promulgation de la loi bancaire de 2015, ainsi que par le manque de concurrence et le faible degré d’innovation des banques.

Elle explique : « Celles-ci [les banques, ndlr] n’étaient autorisées à offrir que des portefeuilles électroniques et des services de paiement. Par conséquent, la plupart des services de paiement offerts étaient liés à des comptes bancaires ou à des comptes de monnaie électronique (ces derniers étant fournis par des banques ou par des banques opérant en partenariat avec des sociétés de télécommunications) ».

Suite à cela, les portefeuilles n’ont pas pris de l’ampleur

Côté demande, le développement des paiements électroniques reste entravé par des préférences profondément enracinées pour les espèces : les transactions dans le secteur informel se font en espèces et le gouvernement utilise des chèques pour payer ses fournisseurs, souligne le rapport. 

Voici les recommandations formulées par la Banque mondiale pour développer l’économie numérique au Maroc : 

> Faciliter l’entrée de nouveaux acteurs sur le marché des télécommunications.

Cela nécessitera : 

- d’amender la loi sectorielle afin d’introduire un régime général d’autorisation pour les fournisseurs de services Internet (FSI), leur permettant de devenir des opérateurs avec des installations propres.

- d’accorder des licences aux nouveaux FSI et opérateurs d’infrastructure dans les segments international et des données.

> Réduire les coûts d’investissement en matière d’infrastructures pour les opérateurs télécoms.

Cela exigera : 

- de faciliter l’accès aux droits de passage locaux et d’introduire des redevances uniformes pour l’utilisation du domaine public ;

- de promouvoir la coordination intersectorielle des travaux de génie civil exécutés dans le cadre de projets d’infrastructures publiques ; 

- d’exiger que les nouveaux logements comprennent des infrastructures de télécommunications ;

- d’introduire/développer des cartes numériques des infrastructures.

> Optimiser l’utilisation de l’infrastructure existante par le partage entre les entreprises de télécommunications. Cela exigera : 

- la publication par l’ANRT des décisions réglementaires encadrant les offres techniques et commerciales de gros (c’est-à-dire les catalogues de gros) des opérateurs de télécommunications considérés comme « exerçant une influence significative sur les marchés des télécommunications concernés » ;

- la modification des lois pertinentes afin que d’autres opérateurs d’infrastructures soient couverts par un régime particulier et que les contrats de location entre opérateurs alternatifs d’infrastructures et opérateurs de télécommunications soient réglementés par l’ANRT

> Restructurer le Fonds de services universels des télécommunications (FSU), en le transformant en un outil transparent et efficace pour le financement des infrastructures à large bande dans les zones mal desservies où les investissements privés font défaut ;

> Renforcer l’utilisation des solutions numériques dans l’ensemble de l’économie en développant une stratégie et un plan d’action gouvernemental numérique pour compléter la stratégie Maroc Digital 2020 ; développer une stratégie 4.0 pour l’industrie numérique ; accélérer la mise en place de l’Agence de Développement ; et développer les plateformes numériques ;

> Accroître l’offre de formation en TIC et en codage pour les étudiants et les entrepreneurs

> Promouvoir l’utilisation des paiements numériques et mobiles.

Le rapport de la Banque mondiale sur le secteur privé marocain est disponible ici.
 

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