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Dans son dernier rapport sur le Maroc, la Banque mondiale estime que le secteur financier marocain n’a pas répondu aux besoins de nombreuses PME innovantes à fort potentiel de croissance. Détails.

Financement des PME : la Banque mondiale pointe les banques et le marché des capitaux

Par S.E.H. | LE 05-08-2019 
Dans son dernier rapport sur le Maroc, la Banque mondiale estime que le secteur financier marocain n’a pas répondu aux besoins de nombreuses PME innovantes à fort potentiel de croissance. Détails.

Les principales sources de financement des entreprises marocaines sont le financement bancaire, les fonds propres et le crédit commercial interentreprises, relève le dernier rapport de la Banque mondiale sur le secteur privé marocain. Toutefois, le travail de l'institution de Bretton Woods conclut que les PME continuent d’être confrontées à des défis considérables dans leur accès à ces trois types de financement.

La Banque mondiale indique  que le volume des crédits bancaires octroyés au segment des TPE a connu une tendance à la baisse et affiche les ratios de créances en souffrances les plus élevés de tous les prêts: "Les banques déclarent que le portefeuille de ce segment est moins rentable que celui des autres", peut-on lire sur le document.

L'institution avance que le secteur financier marocain n’a pas répondu aux besoins de nombreuses entreprises innovantes à fort potentiel de croissance, notamment dans les premières phases de leur développement; en lien principalement avec le niveau élevé des garanties exigées lors d'une demande de prêt.

"91% des prêts font appel à des garanties financières au Maroc, et les banques exigent des niveaux de garantie supérieurs à 220% en moyenne de la part des petites entreprises", indique le rapport.

Celui-ci ajoute que la Caisse Centrale de Garantie (CCG) dispose de nombreux outils pour soutenir les prêts bancaires aux PME par le biais de garanties, mais que ces outils s’adressent principalement aux entreprises ayant un flux de revenus existant et un historique d’au moins 3 ans.

Si l’accès au financement des PME établies s'est amélioré, "les besoins de financement des jeunes entreprises et des entreprises en phase de démarrage et de développement initial sont encore peu couverts, bien que le gouvernement travaille avec la communauté du développement et le secteur privé pour combler ce manque", ajoute la même source.

Un marché des capitaux en berne

D'une autre part, le document de la Banque mondiale relève un écart important entre le système bancaire "bien développé" au Maroc, et le faible développement du marché des actions.

"Les instruments de financement à long terme, le financement par actions et les marchés des capitaux sont sous-développés au Maroc", souligne le document. "Bien que la Bourse de Casablanca soit le deuxième marché d’Afrique, les entreprises l’utilisent rarement pour lever des capitaux".

"Les liquidités sont rares et la Bourse casablancaise manque de nouveaux émetteurs" ajoute la même source, qui avance également que les moyennes et grandes entreprises familiales financent généralement leur croissance avec leurs bénéfices, et sont souvent réticentes à partager les informations concernant leur capital et leur gouvernance.

La Banque mondiale rappelle néanmoins le rôle que pourraient jouer les marchés des capitaux à faciliter l'accès des PME à des financements à long terme en mobilisant les investisseurs institutionnels.

Elle explique que la CCG jouerait un rôle clé à cet égard en fournissant, par exemple, des garanties à un portefeuille de prêts aux PME, en complément des garanties directes qu’elle accorde actuellement pour les prêts aux PME: "Ceci pourrait par exemple se faire en créant un portefeuille de prêts aux PME qui pourrait ensuite être titrisé et garanti par la CCG", avance-t-elle.

Elle ajoute: "Ce type de mutualisation n’existe pas encore au Maroc, mais pourrait être un moyen moins coûteux d’accorder des crédits aux PME et pourrait permettre d’allonger les échéances".

L'insitution de Bretton Woods évoque par ailleurs d'autres possibilités, comprenant des émissions obligataires groupées pour les PME, des garanties pour le développement du secteur du capital-risque et le soutien à l’introduction en bourse des PME par la création de compartiments spécialisés à la Bourse de Casablanca.

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