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le 23/10/2019
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C’est la première baisse de la capacité bénéficiaire qu’accuse le marché depuis 2014. Boycott, crise de l’immobilier et du BTP, montée de la sinistralité des assureurs… sont les principales causes de cette hémorragie des bénéfices.

Sociétés cotées : les bénéfices agrégés en chute de plus de 7% en 2018

Par Le Boursier | LE 01-04-2019 
C’est la première baisse de la capacité bénéficiaire qu’accuse le marché depuis 2014. Boycott, crise de l’immobilier et du BTP, montée de la sinistralité des assureurs… sont les principales causes de cette hémorragie des bénéfices.

En février, nous avons consulté deux grandes sociétés de Bourse de la place pour connaître leurs prévisions de résultats sur l’année 2018. Les deux brokers étaient unanimes : la capacité bénéficiaire de la cote connaîtrait une baisse comprise entre 2 et 4%, affirmaient-ils.

La chute de la capacité bénéficiaire de la cote a été finalement plus prononcée que prévu. 

Selon les calculs du Boursier, le chiffre d’affaires agrégé de la cote a progressé de 1,55% à 240 milliards de dirhams, mais les bénéfices eux ont enregistré une baisse de 7,3%. Ils sont passés de 33,9 à 31,4 milliards de dirhams, soit 2,5 milliards de moins par rapport aux chiffres de l'année 2017.

Ce résultat ne prend pas en compte les chiffres des firmes qui n’ont pas encore publié leurs comptes, comme Stroc Industrie, Balima, Cartier Saada, Afric Industrie et Ennakl. Des petites capitalisations en somme dont les résultats ne changeront rien en la tendance globale. 

C’est la première baisse qu’accuse le marché depuis 2014, année où la capacité bénéficiaire de la cote avait chuté de près de 13% sous le coup des lourds déficits de la Samir et d’Alliances.

Les tendances lourdes de l’année

Cette année, ce sont des secteurs entiers qui ont tiré la croissance des bénéfices vers le bas. 

A commencer par le BTP et l’immobilier, deux secteurs qui passent par une crise profonde et qui ont vu leurs bénéfices chuter de 10,34% et de 20,26%. 

Dans le BTP, ce sont les cimentiers (LafargeHolcim en particulier) qui ont accusé les plus gros coup, à cause notamment de la baisse généralisée des ventes au niveau national. La consommation de ciment a, pour rappel, atteint son plus bas depuis 2007, enregistrant une baisse de 3,6% à 13,3 millions de tonnes.

Dans l’immobilier, Addoha continue de perdre des plumes. Ses bénéfices ont lâché près de 400 millions de dirhams d’une année à l’autre. 

Autre secteur qui a pesé lourd sur la capacité bénéficiaire de la cote : les assurances. 

Ici, la chute est quasi-générale, car exception faite d’Atlanta, toutes les autres compagnies ont vu leurs bénéfices se replier. C’est le cas notamment de Wafa Assurance dont le résultat net s’est réduit de 200 millions de dirhams et de Saham Assurance qui a vu ses bénéfices baisser de plus de 150 millions de dirhams.

En cause : les mauvaises performances du marché boursier en 2018, mais surtout la montée en puissance de la sinistralité auto, un phénomène qui a plombé les comptes des assureurs en 2018.

Lire à ce sujet : L’explosion de la sinistralité expliquée par Zouheir Bensaid

Le secteur des mines n’est pas en reste. Ses bénéfices agrégés ont chuté de 70% en 2018 à cause des mauvaises performances de Managem et de sa filiale SMI. Cette dernière a accusé une perte sèche de 179 millions de dirhams contre un bénéfice de 239 millions un an plutôt. Tandis que le résultat net de Managem s’est réduit de plus de la moitié passant de 879 à 370 millions de dirhams.

 Les effets du boycott

Mais la plus grosse chute des bénéfices a été constatée dans le secteur agroalimentaire. Les bénéfices du secteur se sont réduits de plus d’un milliard de dirhams à 658 millions de dirhams.

Le boycott qui a touché les produits de Centrale Danone et des Eaux minérales d’Oulmès y est pour beaucoup. 

Mais si le producteur de Sidi Ali est arrivé à limiter la casse en maintenant ses bénéfices dans le vert (15 millions de dirhams contre 189 millions en 2017), la filiale marocaine du groupe Danone a accusé une perte sèche de plus de 538 millions de dirhams, soit près de 700 millions de dirhams de moins que le résultat net de 2017.

La baisse de la profitabilité dans le secteur ne concerne pas que ces deux sociétés. Toutes les grandes valeurs de l’agro-industrie ont vu leurs résultats baisser.

Les bénéfices de Cosumar se sont réduits de près de 100 millions, ceux de Lesieur et de Boissons du Maroc de 80 millions de dirhams chacune.

Autre victime collatérale du boycott : Total Maroc. Les bénéfices du distributeur se sont repliés de près de 300 millions de dirhams à cause du resserrement des marges, une des principales revendications du mouvement de boycott lancé contre le leader du marché Afriquia. 

Les banques résistent à la crise 

Seule éclaircie en cet exercice 2018 : la résistance du secteur bancaire, qui malgré le ralentissement du crédit et le resserrement des marges d’intérêts, continue de croître.

Les bénéfices agrégés des six banques cotées ont progressé de 3,97% à 12 milliards, soit un additionnel de 400 millions de dirhams.

Ce chiffre aurait été encore plus important si ce n’est la contre performance de BMCE Bank of Africa dont le RNPG a lâché plus de 200 millions de dirhams en 2018 pour descendre sous la barre des 2 milliards de dirhams.

Attijariwafa bank signe par ailleurs La meilleure performance du secteur avec un additionnel de bénéfices de 300 millions de dirhams. Elle est suivie du Crédit du Maroc qui a amélioré ses bénéfices de 200 millions de dirhams, grâce notamment à une opération exceptionnelle de cession d’une partie du terrain Les Arènes à Casablanca. La BCP a vu également ses bénéfices se bonifier de plus de 100 millions de dirhams sur l’année. 

Hormis le Crédit du Maroc, les bénéfices du secteur bancaire sont tirés essentiellement par le cœur d’activité. Le PNB des six banques cotées ayant progressé de 2,71% à plus de 60 milliards de dirhams.

Notons finalement que la chute des bénéfices de la cote a été amplifiée cette année par l'ampleur des contrôles fiscaux subis par la quasi majorité des sociétés cotées. Nous n'avons pas pu caculer un chiffre exact pour en mesurer l'impact, les firmes cotées n'ayant pas toutes communiqué sur le montant des révisions et des accords négociés avec la DGI. 
 

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