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C'est le chiffre révélé par une étude réalisée par le Global Entrepreneurship Monitor du Maroc, et présenté lors d'une conférence co-organisée par Attijariwafa Bank. Plusieurs lacunes font que ces incubateurs ne remplissent pas pleinement leur rôle.

Start-ups : Seulement 12% des entrepreneurs ont recours à des structures d'accompagnement

Par M. Ett. | LE 17-12-2018 
C'est le chiffre révélé par une étude réalisée par le Global Entrepreneurship Monitor du Maroc, et présenté lors d'une conférence co-organisée par Attijariwafa Bank. Plusieurs lacunes font que ces incubateurs ne remplissent pas pleinement leur rôle.

"Incubateurs : et si c’était la solution pour redynamiser l’entrepreneuriat au Maroc ?", telle fut la thématique de la 44ème édition du cycle de conférences "Échanger pour mieux comprendre", co-organisée par la Fondation Attijariwafa Bank et par le Centre des jeunes Dirigeants d’entreprises du Maroc (CJD Maroc), ce jeudi 13 décembre à Casablanca.

Lors de cette conférence, le faible recours des entrepreneurs aux structures d'accompagnement a été souligné.

En effet, "seuls 12% des entrepreneurs ont recours à des structures d’accompagnement'', a déclaré Khalid El Ouazzani, Team Leader du GEM Morocco (Global Entrepreneurship Monitor), et Directeur du laboratoire de recherche entrepreneuriat & management des organisations à l’université Hassan II.

Ce pourcentage émane de l’étude "GEM Morocco", réalisée par le laboratoire de recherche de M. Ouazzani. La même étude révèle qu'il y a un très fort potentiel entrepreneurial au Maroc, mais que l’écart entre l’intention et la création effective d’une entreprise demeure énorme.

D'après M. Ouazzani, ce gap est dû aux défaillances du dispositif d’accompagnement et à la peur de l’échec.

Plus précisément, "ce qui cloche par rapport à l’accompagnement, c’est le fait que tout le dispositif d’incubation qui est mis en place au Maroc est méconnu par les personnes susceptibles d’y recouvrir", a-t-il souligné.

"62% de la population enquêtée ne connait pas du tout ce dispositif : ils étaient incapables de citer une seule structure d’accompagnement’’, s’est désolé M. Ouazzani. 

Prenant part à cette conférence, Khouloud Abejja, Directrice Générale de l’Agence de Développement du Digital (ADD), rejoint M. Ouazzani sur ce point en soulignant l’importance de l’accès à l’information; et recommande la création d’une plateforme de référence répertoriant les informations requises par les créateurs de startups.

Le chercheur universitaire trouve que la pérennité des incubateurs est tributaire d’une vision stratégique publique qui fait défaut: " En l’absence d’une vision claire de l’Etat, ces structures [incubateurs, ndlr] resteront fragiles et seront incapables de lever des fonds’’, pense-t-il.

En face, Khouloud Abejja a rappelé les missions de l’ADD et les principaux chantiers lancés dans le cadre de la stratégie Maroc Digital 2020, en précisant que "notre mission principale est d’offrir un cadre légal et d’accompagnement performant aux startups, et de mettre en place des programmes d’accélération. Pour cela, nous avons créé, au sein de l’ADD, une direction de l’Ecosystème Digital’’.

Comment pérenniser les incubateurs ?

Parmi les obstacles auxquels se heurtent les incubateurs au Maroc, le volet du financement s’avère le plus lourd. Selon Mehdi Alaoui, Président directeur général de l’incubateur LaFactory, les incubateurs doivent songer à des Business model qui ne dépendent pas des politiques RSE des entreprises (Dons, sponsoring, subventions,…) afin de pouvoir pérenniser leur activité.

"Nous sommes jaloux de ce qui se passe à l’étranger car le Maroc regorge de talents. Aux incubateurs de trouver le bon business model pour ne plus être dépendants des politiques RSE des grandes entreprises’’, estime-t-il.

M. Alaoui a tenu à rappeler les conditions de la création de son incubateur, LaFactory. Avant la création de cet incubateur, M. Alaoui avait organisé plusieurs Hackathons - événements au cours desquels des spécialistes se réunissent durant plusieurs jours autour d'un projet collaboratif de programmation informatique ou de création numérique - et a pu appréhender le potentiel des jeunes qui veulent entreprendre.

"Mais à un moment, les hackatons ne suffisaient plus. Il fallait passer à l’étape suivante par la création d’un incubateur’’.

En un an d’existence, LaFactory a sensibilisé à l’importance de l’innovation près de 60.000 collaborateurs dans des entreprises, et a accompagné 80 startups dont le tiers a décroché des bons de commande.

M. Alaoui a également insisté sur l’importance de la prise de risque, facteur indispensable pour pérenniser les incubateurs et renforcer leurs business model.

Enfin, pour Sarah Diouri, Directrice de Bidaya, Incubateur Social Green Tech, les incubateurs sont une pièce maîtresse du puzzle "Ecosystème entrepreneurial". Elle trouve également que "nous devons développer une culture de Small Business Act [initiative qui vise à favoriser les PME dans le tissu économique du pays, ndlr] pour permettre aux startups de croître et pérenniser leur activité. N’oublions pas que les bons de commande sont le nerf de la guerre, tout comme le règlement des factures !"

Voici la vidéo de la conférence, retransmise en live par LeBoursier: 

                                                                               

 

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