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Pression sur le cash, contributions au fonds Covid, manque de visibilité,… voici les facteurs qui expliquent la forte baisse des investissements des sociétés cotées en 2020, d’après les analystes de BMCE Capital Research

Sociétés cotées : forte baisse de l'investissement en 2020 à cause de la crise (BMCE Capital Research)

Par M. Ett. | LE 03-03-2021 
Pression sur le cash, contributions au fonds Covid, manque de visibilité,… voici les facteurs qui expliquent la forte baisse des investissements des sociétés cotées en 2020, d’après les analystes de BMCE Capital Research

Conséquence de la crise du Covid, les entreprises cotées à la bourse de Casablanca ont fortement réduit leur enveloppe d’investissement en 2020. C’est ce qui ressort du document « Earnings T4 2020 » de BMCE Capital Research (BKR) qui indique que les sociétés cotées ont communiqué sur un budget global de 11,7 milliards de DH à fin 2020, enregistrant ainsi une baisse de 21,1% en glissement annuel.

Joints par LeBoursier, les analystes de BKR soulignent que la baisse de l’investissement était prévisible. « Cette tendance générale s’explique par un report des plans d’investissement de certains opérateurs », commentent-ils.

Les perturbations causées par la crise ont généré une pression sur le cash et un manque de visibilité. A cause de ces effets, et par prudence, la majorité des sociétés cotées a limité ses plans d’investissement.

« C’est surtout la réduction de l’enveloppe d’investissement de Maroc Telecom et le report d’une partie du plan d’ouvertures de Label Vie jusqu’en 2021 qui sont à l’origine de l’essentiel de cette contraction au moment où Taqa Morocco, par exemple, voit ses investissements bien augmenter suite au paiement du droit de jouissance complémentaire pour la prorogation du contrat de fourniture d’énergie des unités 1 à 4 », nous précisent les analystes de BKR.

Plus en détails, l’enveloppe totale de l’investissement a été déboursée par :

> 30% par Maroc Telecom, dont la taille et la nature de l’activité nécessitent généralement de lourds CAPEX. Toutefois et par mesure de prudence, l’enveloppe d’investissement a été réduite de 49,2% à 3,4 milliards de DH compte tenu du contexte actuel ;

> 22% par les valeurs minières, particulièrement Managem dont les investissements enregistrent une hausse de 19,7% à 2,3 milliards de DH dans le sillage du développement de ses projets au niveau local et en Afrique ;

> 16% par Taqa Morocco incluant le paiement d’un droit de jouissance complémentaire relatif à la prorogation du contrat de Fourniture d’énergie électrique des unités 1 à 4 pour un montant de 1,5 milliard de DH et la réalisation des projets de maintenance des unités, notamment une révision mineure de l’unité 1 sur le T4 2020 ;

> Et, 8% par les valeurs agroalimentaires, notamment Cosumar pour les mises à niveau et la maintenance de l’outil industriel.

Contribution des principaux secteurs à l’enveloppe du CAPEX en 2020

Source: BKR.

Légère hausse de l’endettement en 2020

BKR indique au niveau de son document d’analyse que l’endettement des valeurs cotées, hors financières et Assurances, s’est alourdi de 3,5% à 57,4 milliards de DH à l’issue de l’année 2020 comparativement avec l’année 2019.

Cette évolution intègre essentiellement la hausse de 48,6% de l’endettement net de Cosumar qui a atteint 1,6 milliard de DH en raison du décalage des remboursements de la caisse de compensation à fin décembre 2020.

Mais c’est Managem qui affiche la contribution la plus importante à la hausse de l’endettement global en 2020, soit +1,33 milliard de DH (+32,1%). Cette progression s’explique par « le maintien du développement des projets de la compagnie au niveau local et en Afrique », nous indiquent les analystes de BKR.

Ils soulignent également que « Afriquia Gaz et Marsa Maroc se sont également endettées en 2020 à hauteur de 703,3 millions de DH et de 756 millions de DH respectivement alors qu’elles ne l’étaient absolument pas un an auparavant ».

En ce qui concerne la contribution par secteur à ce niveau d’endettement global, celui des Télécoms s’accapare 31% de l’encours total, suivi du secteur Participation & promotion immobilières avec une part de 17%, de l’Electricité (14%) et du secteur Matériaux de construction (+11%).

Contribution des principaux secteurs à l’endettement en 2020

Source: BKR.

Toutefois, le montant de l’endettement net global retraité de Cosumar et Managem est de 50,3 milliard de DH. Il ressort en stagnation d’une année à l’autre (+0,1%).

« L’analyse de la hausse de l’endettement doit intégrer l’effet des dons des sociétés au Fonds Covid-19 pour un montant brut total de près de 3,1 milliards de DH pour les cote industrielle, ce qui a drastiquement réduit leurs niveaux de cash, induisant une hausse de la dette court terme et une baisse des investissements », nous explique BKR.

L’endettement accompagne souvent l’investissement. Vu qu’il y avait moins d’investissements en 2020 en comparaison avec 2019, c’est normal d’avoir une faible évolution de l’endettement.

Cette situation est préoccupante, parce que la baisse d’investissement traduit une stagnation de la capacité de production. Et cela pourrait avoir plusieurs conséquences sur le moyen et long terme.

Cette tendance devrait se poursuivre en 2021, d’après les anticipations des analystes de BKR : « Pour 2021, nous pensons que les sociétés cotées vont adopter un profil prudent en matière d’investissement avec un budget qui devrait se tasser. Seul l’investissement engagé devrait, à notre avis, être maintenu. Dans ce sillage, la dette devrait être essentiellement concentrée sur le crédit de fonctionnement dans l’attente d’une meilleure visibilité ».

    

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