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Les opérations d'aller-retour, amplificateurs de volumes en fin d'année

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Les opérations d’aller-retour existent depuis très longtemps et dans tous les marchés financiers du monde. Une solution trouvée par les institutionnels pour réajuster leurs portefeuilles et mettre à jour son évaluation. Et piloter leurs résultats de fin d'année.

Les opérations d’aller-retour existent depuis très longtemps et dans tous les marchés financiers du monde. Une solution trouvée par les institutionnels pour réajuster leurs portefeuilles et mettre à jour son évaluation. Et piloter leurs résultats de fin d'année.

Durant le mois de novembre, le volume échangé au sein de la Bourse de Casablanca a dépassé les 4,5 milliards de DH. Un montant supérieur à celui enregistré au mois d’octobre de 42%, selon les dernières statistiques livrées par la BVC. La journée du 5 décembre a connu un mouvement de plus de 15 millions de titres BMCE sur le marché de bloc. Un chiffre impressionnant mais qui entre dans le cadre d’une opération stratégique.

"Cette période est connue pour être dédiée aux opérations d’aller-retour et c’est la principale raison qui explique cette envolée au niveau des volumes drainés à la Bourse", précise un analyste de la place. Autrement dit, il ne faut absolument pas se réjouir de ces niveaux assez importants et garder en tête que c’est ponctuel et éphémère.

Cela dit, cette période et ces opérations suscitent plusieurs interrogations. La définition des allers-retours donnée par les institutions qui interviennent sur le marché des capitaux est limpide.

"Se dit d'une opération rapide d'achat et de vente sur une même valeur, au cours de la même journée dans un intervalle court", pouvons-nous trouver dans le glossaire de Maroclear, le dépositaire central. De leur côté, les traders ont moult terminologie pour ce genre d’opérations et l’on parle très souvent de "nettoyage de portefeuille de fin d'année".

"Nous pouvons, durant cette période, faire des réajustements pour mettre à jour l’évaluation du portefeuille actions", précise notre interlocuteur. Ce dernier ajoute que "les titres qui sont concernés sont ceux dont l’année boursière a été difficile et dont nous prévoyons un meilleur avenir. Il faut absolument comprendre que ça se passe ainsi dans le monde entier".

De l’autre côté, nous pouvons trouver ceux qui estiment que si la tendance au marché est baissière, il suffit de prévoir des provisions en attendant que la situation s’arrange. "Il est possible que ces techniques soient utilisées pour limiter les bénéfices et payer de facto un peu mois d’impôts. Cela dit, stratégiquement ce sont des portefeuilles performants que cherchent à avoir les gérants de portefeuille", précise cet analyste. 

Cette période est aussi connue sous le nom de "window-dressing", comprendre "une vitrine". Pour cause, les gérants de portefeuille chez les institutionnels cherchent à embellir leurs états financiers afin de les présenter sous leurs meilleurs jours. "Le résultat n’est en aucun cas modifié, il est juste déplacé dans le temps en attendant que les actions retrouvent leurs niveaux", informe notre interlocuteur.

Dans la pratique, ces opérations se déroulent sur le marché de bloc ou sur le marché central. L’influence sur le Masi est presque inévitable, mais peut être limitée. "Pour ne pas impacter d’une façon très importante le marché, nous essayons de faire ces opérations dans un laps de temps très court et à des cours qui s’approchent de ceux que nous visons", développe notre expert. Il est, cependant, très probable qu’un effet moutonnier se déclenche une fois que les volumes sur un titre deviennent importants.

"Le revers de la médaille, c’est lorsqu'au mois de janvier le Masi connaît des corrections importantes. Au début de cette année, après les performances exceptionnelles de 2016, les deux premières semaines de l’année ont été très difficiles à cause de la tendance baissière. Faudra s’attendre cette année encore à une baisse", conclut notre analyste.