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La Banque affirme que le Dirham n'est pas forcément nettement surévalué aux niveaux actuels, et que les autorités marocaines passent au nouveau système dans un environnement économique mondial relativement favorable. Elle prévoit le maintient de la bande de fluctuation à son niveau actuel (+/-2,5%) pendant au moins deux trimestres.

Flexibilité du Dirham. Les prévisions de J.P.Morgan

Par Sara El Hanafi | LE 16-01-2018 
La Banque affirme que le Dirham n'est pas forcément nettement surévalué aux niveaux actuels, et que les autorités marocaines passent au nouveau système dans un environnement économique mondial relativement favorable. Elle prévoit le maintient de la bande de fluctuation à son niveau actuel (+/-2,5%) pendant au moins deux trimestres.

C’est une note intéressante que vient de diffuser le département "Recherche Marchés Emergents" de la banque américaine J.P Morgan, l’après-midi de ce 16 janvier,  autour du sujet de l’élargissement de la bande de fluctuation du Dirham marocain. Justement, le premier détail à relever dans ce document, est que la banque ne considère la récente réforme du régime de change au Maroc que comme un simple élargissement de la bande de fluctuation.

"L'annonce d'une bande plus large de fluctuation marque le début d'un glissement progressif vers un régime de change plus flexible", peut-on lire sur le document en question. J.P. Morgan pense ainsi que la banque centrale maintiendra la bande de fluctuation actuelle (+/-2,5% par rapport au cours central, à son tour lié au panier de devises), et ce pendant deux trimestres au minimum, avant de passer aux prochaines étapes de la flexibilité. 

Le premier chiffre frappant néanmoins, est celui d’une dépréciation de 7% du Dirham, prévue par les analystes de la banque américaine sur les 12 prochains mois, en tant que scénario théorique. Même J.P.Morgan le qualifie d'incompatible avec les plans de Bank Al Maghrib, qui  a imposé un intervalle inférieur de 2,5% dans la nouvelle bande de fluctuation.

"La courbe montre que les prix de marché sont dans une trajectoire de dépréciation de 7% du Dirham par rapport au panier [Le panier de devises euro-dollar auquel le dirham est arrimé, ndlr.] au cours des 12 prochains moins, ce qui est susceptible d’être incompatible avec les plans de la Banque centrale", indique la note de J.P.Morgan.

A travers la courbe en question, ci-dessous, les analystes de J.P Morgan expliquent que les prix de marché sont dans une trajectoire de dépréciation progressive du Dirham par rapport au panier euro/dollar, de 10,47 DH (spot actuel) à 11,18 DH dans un an.

 

La banque ajoute toutefois que «les prix actuels du marché ne concordent pas avec cet enchaînement graduel des événements, notamment parce qu’il n’est pas évident que le Dirham soit nettement surévalué aux niveaux actuels, et que les autorités passent au nouveau système dans un environnement économique mondial relativement favorable».

Dans la même lignée, la banque américaine indique qu’il n’y a pas de scénario de cas de figure de sous-évaluation ou de surévaluation pour le Dirham à moyen-terme pour le moment: «Alors que le déficit de la balance extérieure suggère que le Dirham pourrait être légèrement surévalué, notre indice de taux de change effectif réel basé sur l’IPC [indice des prix à la consommation, ndlr.], ne s’est apprécié que d’environ 4% depuis le creux de 2012 et reste inférieur à moyen et long-terme», explique la banque. 

J.P Morgan estime, par ailleurs, que l’alignement approximatif du Dirham à sa juste valeur, combiné à une position FOREX limitée dans les secteurs financiers et corporate, "expliquent pourquoi la devise n’a pas été sous pression et est restée bien dans la bande depuis l’entrée en vigueur de la réforme", continuent les analystes de la banque américaine.

«Les crédits FOREX ne représentaient que 2,7% du total des crédits du système bancaire en 2017, et les positions nettes de change ouvertes des banques sur leurs fonds propres Tier 1 se sont réduites de 10% en 2010 à 4% début 2017».

D’une autre part, J.P Morgan prévoit que le déficit du compte courant atteindra environ 4% du PIB, soit à peu près au même niveau qu’en 2017 selon ses projections. La balance des paiements reste «soutenue par des exportations dynamiques malgré une hausse des prix de l’énergie», indique J.P.Morgan.

«Nous n’attendons pas d’augmentation significative du volume des exportations de biens et services qui a ralenti, passant de 8,6% en moyenne sur les 5 dernières années à environ 6% en 2017. Néanmoins, les mesures actuelles pour augmenter la flexibilité du Dirham et réduire le poids de l’euro dans le panier de devises de 80% à 60% en 2015, devrait limiter toute dégradation des soldes extérieurs et soutenir la compétitivité dans un contexte de hausse de l’euro», ajoute la banque.

«Compte tenu de l’augmentation limitée de la flexibilité du Dirham, nous prévoyons une hausse modérée de l’inflation, qui devrait être proche de 2% contre 0,7% en 2017».

Cette fois, c’est la bonne

D’une autre part, J.P Morgan fait allusion à la précédente tentative de flexibilisation du dirham, en juillet 2017: «Le mouvement pré-annoncé vers un taux de change plus flexible, a créé l’incertitude et conduit à une baisse rapide des réserves en raison des craintes de dévaluation. Cette fois-ci sera-t-elle différente?» s’interroge J.P. Morgan.

La Banque pense que oui: "Premièrement, la Banque centrale n’avait pas pré-annoncé le calendrier des dernières mesures,  afin de limiter la demande préemptive de devises. Deuxièmement, l’effet de choc de la réforme devrait être plus modéré, car les craintes d’une dévaluation importante ont été dissipées."

«Enfin, nous pensons que les autorités ont géré de manière proactive les anticipations d’une évolution graduelle vers la flexibilité du dirham, comparativement au second trimestre de 2017 lorsque ces attentes n’étaient pas aussi bien calibrées, à notre avis», conclut J.P. Morgan.

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