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Dette privée: "les perspectives du marché sont prometteuses sur les deux prochaines années" (CDG Capital)

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La banque d’affaires estime que l’orientation du marché de la dette privée au Maroc est globalement favorable laissant présager une amélioration des émissions au cours des deux prochaines années.

La banque d’affaires estime que l’orientation du marché de la dette privée au Maroc est globalement favorable laissant présager une amélioration des émissions au cours des deux prochaines années.

CDG Capital vient de publier un rapport sur le marché de la dette privée au Maroc pour analyser son évolution récente et livrer ses perspectives d’avenir.

Pour la banque d’affaires, les perspectives du marché de la dette privée pour les deux prochaines années s’affichent prometteuses compte tenu de l’importance des tombées ainsi que l’orientation des variables explicatives de la dynamique des principaux compartiments, notamment les certificats de dépôts (CD) et les obligations.

Selon les estimations des analystes, les tombées de la dette privée devraient s’accroitre de 15% en 2019 contre un recul de 24% enregistré l’année précédente, pour s’établir à 51 milliards de dirhams contre 44 milliards en 2018. Cette tendance couvre une hausse des tombées de TCN de 32% à 38 milliards de dirhams, contre un recul de 18% pour les obligations à 13 milliards.

L’augmentation des tombées de TCN s’explique, dans une large mesure, par la hausse de celles relatives aux CD de 28% à 32,8 milliards de dirhams et celles des BSF de 225% à 4,3 milliards.

«Concernant les variables explicatives de la dynamique des différents compartiments du marché de la dette privée, l’orientation semble globalement favorable laissant présager une amélioration des émissions au cours des deux prochaines années», indique le rapport.

A cet égard, les perspectives de Bank Al-Maghrib quant à l’évolution du déficit de la liquidité bancaire tablent sur un creusement supplémentaire pour atteindre 84,8 milliards de dirhams en 2020 contre 70,6 milliards prévus pour fin 2019 et 62 milliards enregistrés en 2018. « Cette orientation devrait accentuer le recours des banques aux émissions des CD pour alléger leurs besoins de trésorerie », soulignent les analystes. 

De même, CDG Capital rappelle que les investissements des EEP devraient s’accroître considérablement, au cours des deux prochaines années.

«Cette hausse considérable devrait être favorisée par l’engagement de l’Etat pour le déblocage des crédits TVA au profit de ces organismes. Par conséquent, le marché des obligations pourra être tiré par le renforcement de la présence de ces derniers», note la banque d’affaires.

Pour les BSF, et selon les prévisions de Bank Al-Maghrib relayées par CDG Capital, le rythme de distribution de crédits devrait se stabiliser en 2019 avant de s’accélérer légèrement en 2020. «De ce fait, les besoins de financement des sociétés de financement devraient globalement s’orienter à la hausse, favorisant ainsi, un recours plus important au marché de la dette privée», lit-on sur le rapport.

«Au-delà de l’accentuation des besoins de financement des différents acteurs du marché de la dette privée, ce scénario de reprise semble également appuyé par l’amélioration du coût de financement en lien avec la correction baissière de la courbe des BDT suite à une amélioration de l’équilibre des finances publiques et la poursuite de la correction baissière des primes à l’émission, particulièrement celles des BT, et ce après la forte hausse enregistrée au cours des dernières années».

TCN : un encours de 80,2 milliards de dirhams au premier trimestre 2019

Sur le même registre, soulignons que l’encours des TCN à fin mars 2019 s’est élevé à 80,2 milliards de dirhams contre 65,4 milliards un an auparavant, soit une progression de 22,6%.

Ceci est le résultat d’une hausse de l’encours des CD (dont les principaux émetteurs sont SGMB, Attijariwafa Bank et BMCE) qui est passé de 46,6 milliards de dirhams à 56,2 milliards, conjuguée à une croissance de l’encours des BSF (dont les principaux émetteurs sont Wafasalaf, Maghrebail et Eqdom) qui s’élève à 21,6 milliards de dirhams au lieu de 16,6 milliards. Quant aux BT, l’encours demeure stagnant aux alentours de 2,2 milliards de dirhams.

S’agissant des émissions des TCN enregistrées au titre du premier trimestre 2019, elles ressortent à 14,05 milliards de dirhams contre 10,8 milliards, soit une hausse 30% en une année.

En effet, sur les trois premiers mois de l’année en cours, les émissions des CD, BSF et BT se sont élevées à 10,1 milliards de dirhams, 2,25 milliards et 1,7 milliards de dirhams respectivement, au lieu de 8,8 milliards de dirhams, 1,6 milliard et 446 millions de dirhams une année auparavant.

Pour les obligations, aucune émission n'a été enregistrée durant le premier trimestre 2019.

Dans le même sillage, notons que les taux relatifs aux CD ont évolué dans une fourchette allant de 2,52% à 3,38% durant le premier trimestre 2019. Pour les BSF, les taux se situent entre 3,04% et 3,5%. Les taux relatifs aux BT sont entre 2,9% et 5%.


Faible dynamique des émissions obligataires 

Dans son rapport, CDG Capital a également analysé l'évolution du marché de la dette privée durant la période 2013-2018.

En dépit de l’arrivée de nouveaux émetteurs sur les différents compartiments du marché de la dette privée et l’amélioration des conditions de financement, l’évolution des émissions semble globalement limitée, selon la banque d'affaires, avec une moyenne brute de 67 milliards de dirhams par an enregistrée sur la période 2013-2018, couvrant ainsi, une moyenne de 50 milliards de dirhams sur le marché des TCN et de seulement 17 milliards sur celui des obligations. 

Tenant compte des tombées relatives aux deux compartiments, qui s’élèvent en moyenne à 49 milliards de dirhams pour le marché des TCN et 15 milliards pour les obligations, les levées nettes restent faibles avec une moyenne nette de seulement 2 milliards de dirhams par an exclusivement en TCN.

Toutefois, la période d’analyse fait ressortir deux périodes avec des dynamiques opposées : 

> celle de 2013-2015 marquée par un fort recours du Trésor au marché des capitaux, engendrant une correction à la hausse de la courbe des taux, particulièrement sur les segments sollicités par les intervenants du marché de la dette privée ;

> celle de 2016-2018, caractérisée d’une part, par un affaiblissement des besoins du Trésor et une régression des niveaux de taux et d’autre part, par un accroissement des besoins de financement des banques, en liquidité et fonds propres, et ceux des EEP engagés dans des programmes d’investissement pluriannuels.

Par ailleurs, bien que l’encours des TCN ait globalement reculé sur la période 2013-2018, principalement tiré par les CD et les BT, il convient de noter que l’encours global de la dette privée a progressé de 7% en moyenne sur la période, passant de 166 milliards de dirhams en 2013 à 189 milliards en 2018. 

Selon les analystes de CDG Capital, cette progression découle principalement de la hausse continue de l’encours des obligations, alimentée aussi bien par une forte présence des banques que par celles des entreprises et établissements publics (EEP).