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La majorité des femmes âgées entre 15 et 29 ans sont inactives à cause du refus conjugal ou parental

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Dans son dernier rapport annuel, Bank Al-Maghrib a analysé la situation de la participation de la femme au marché du travail au Maroc. Toutes les données empiriques disponibles suggèrent que même si les hommes se déclarent généralement favorables au travail de la femme, ils sont en partie réticents lorsque les opportunités d’emploi se font rares ou lorsqu’il s’agit d’arbitrer entre travailler à l’extérieur et prendre soin du foyer. 

Dans son dernier rapport annuel, Bank Al-Maghrib a analysé la situation de la participation de la femme au marché du travail au Maroc. Toutes les données empiriques disponibles suggèrent que même si les hommes se déclarent généralement favorables au travail de la femme, ils sont en partie réticents lorsque les opportunités d’emploi se font rares ou lorsqu’il s’agit d’arbitrer entre travailler à l’extérieur et prendre soin du foyer.

Selon le rapport annuel de Bank-Al Maghrib (BAM) au titre de l’année 2017, la participation de la femme au marché du travail au Maroc reste, à l’instar des autres pays de la région MENA, parmi les plus faibles au monde. Le taux d’activité féminine s’est établi à 22,4% en 2017 contre une moyenne de 50,8% en Europe et Asie Centrale, de 51,5% en Amérique latine et Caraïbes et de 59,2% en Asie de l’Est et Pacifique.

Exclusion des femmes: le  manque à gagner économique serait élevé selon BAM

La Banque centrale estime que ce constat reste préoccupant à plusieurs égards. Elle explique : «outre les conséquences d’ordre social et même psychologique que peut engendrer l’exclusion de la femme du marché du travail, le manque à gagner économique serait très élevé».

Selon un rapport du FMI évoqué par BAM, la réduction de l’écart du taux d’activité entre les hommes et les femmes du triple au double de la moyenne des autres marchés émergents et en développement aurait doublé la croissance dans la région MENA au cours de la dernière décennie, permettant ainsi un gain cumulé de mille milliards de dollars. Pour le Maroc en particulier, BAM cite également un autre rapport de la même institution qui indique que le coût par rapport à une situation où les femmes auraient le même taux de participation que leurs homologues masculins représente 46% du PIB par habitant.

Par rapport aux causes de cette faible participation, BAM se réfère à plusieurs études quantitatives qui mettent en exergue un certain nombre de facteurs tels que le niveau d’éducation, la situation familiale, l’âge et les normes sociales. D’autres ont essayé d’appréhender les raisons à travers des enquêtes de perception dont l’une des plus récentes a été réalisée par l’OIT (Organisation Internationale de Travail), en collaboration avec Gallup. 

45% des hommes marocains souhaitent que les femmes restent à la maison

Pour le cas du Maroc, le refus familial ne semble pas constituer un obstacle au travail des femmes à priori ; 69% des hommes estiment qu’il est acceptable qu’elles aient un emploi en dehors du domicile. Toutefois, quand ils sont interrogés sur leur préférence, 45% souhaitent qu’elles restent à la maison, 33% qu’elles concilient entre travail et foyer et 22% qu’elles aient un emploi rémunéré.

Dans le même sillage, les données de l’édition 2011 de l’enquête mondiale sur les valeurs relayées par BAM révèlent que 74,7% des hommes marocains estiment qu’ils sont prioritaires quand les offres d’emploi se font rares et que 63,8% d’entre eux jugent qu’être femme au foyer est aussi gratifiant qu’avoir un travail rémunéré. 

Selon la banque, ces résultats restent en ligne avec ceux d’une enquête réalisée au Maroc par la Banque mondiale entre décembre 2009 et mars 2010. Ils indiquent que la faiblesse structurelle de l’activité féminine est attribuable pour la tranche d’âge 15-29 ans au refus conjugal ou parental dans 53,8% des cas, à la difficulté de concilier entre travail et foyer pour 22,9% et aux normes sociales pour 11,1%. 

En somme, BAM estime que l’ensemble de ces données suggère que même si les hommes se déclarent généralement favorables au travail de la femme, ils sont en partie réticents lorsque les opportunités d’emploi se font rares ou lorsqu’il s’agit d’arbitrer entre travailler à l’extérieur et prendre soin du foyer. 

«Cela laisse conclure que des actions importantes de sensibilisation restent nécessaires, d’autant plus que les données internationales montrent une corrélation positive entre l’attitude des hommes et la participation des femmes», conclut BAM dans son rapport.
 

Source: Rapport annuel 2017, BAM