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Fitch: La faible qualité des capitaux et des actifs persiste chez les banques marocaines

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La qualité de crédit fondamentale des banques marocaines demeure faible et les perspectives d’une viabilité autonome et continue sont au mieux modérées, selon Fitch Ratings.

La qualité de crédit fondamentale des banques marocaines demeure faible et les perspectives d’une viabilité autonome et continue sont au mieux modérées, selon Fitch Ratings.

« Nous avons récemment examiné le secteur bancaire marocain et conclu que la mauvaise qualité des actifs et des ratios d’adéquation des fonds propres continue de peser lourdement sur la viabilité autonome des banques", indique l'agence de notation internationale Fitch Ratings, dans un communiqué paru ce 9 mars.

Fitch explique que les ratios déclarés de prêts douteux par rapport aux prêts totaux sont considérablement plus élevés au Maroc que dans les marchés développés, sans signe significatif d’amélioration en dépit d’une croissance économique plus forte. Le ratio moyen des sept plus grandes banques marocaines était de 9,6% à la fin du premier semestre 2017, et l'agence affirme que les pratiques de reporting locales sous-estiment la véritable ampleur de la faiblesse de la qualité des actifs.

L'agence note toutefois que les filiales marocaines des banques françaises, à savoir la BMCI, la SGMB et Crédit du Maroc (Non noté par Fitch); rapportent les ratios les plus élevés de prêts douteux: "Ceux-ci reflètent les politiques de classification plus conservatrices imposées par leurs parents français et, selon nous, sont plus représentatifs de la qualité réelle des actifs du secteur que ceux rapportés par les banques détenues par les actionnaires locaux".

Fitch ajoute que "les ratios des banques françaises sont similaires à ceux rapportés par les banques dans certaines des économies les plus faibles d’Afrique". 

D'une autre part, l'agence de notation attire l'attention sur les risques de concentration sur un seul débiteur, qui demeurent selon elle très élevés: "Les 20 principaux prêts représentent en moyenne 24% du total des prêts accordés par les banques et jusqu’à un tiers dans certains cas", peut-on lire sur le communiqué.

"Ces niveaux de concentration exposent les banques à un risque de défaut plus élevé de la part des emprunteurs, et nous pensons qu’ils reflètent des normes de souscription et de contrôle des risques faibles par rapport aux normes internationales et aux marchés les plus établis d’Afrique. La couverture des pertes sur prêts est modeste, avec des réserves couvrant en moyenne 70% des prêts douteux dans les plus grandes banques", ajoute l'agence.

Par ailleurs, Fitch estime que la capitalisation des banques marocaines n’est pas suffisamment forte pour compenser les vulnérabilités du secteur en matière de qualité des actifs: "Les créances douteuses nettes des réserves associées représentent en moyenne 19% des fonds propres des principales banques du pays, et la capacité des banques à constituer des capitaux est limitée".

L'agence ajoute que la génération de capital interne est en moyenne d’environ 5,5% pour les plus grandes banques, "ce qui est faible par rapport à de nombreux autres marchés en développement."

"Les banques marocaines doivent se conformer à un ratio de fonds propres réglementaires minimum de 9%, plus strict que les normes internationales, mais les banques d’importance systémique du pays tendent à fonctionner avec des ratios à peine supérieurs à ce minimum et leurs plans d’investissement suggèrent que cela demeure le cas", ajoute l'agence.

Celle-ci prévoit que la norme IFRS 9, qui entre en vigueur en janvier 2018, éclaircira davantage la faiblesse de la qualité des actifs et imposera des provisions supplémentaires, ce qui ajoutera aux pressions sur les capitaux des banques bien que Bank Al-Maghrib puisse accorder à celles-ci une période de transition de cinq ans pour combler les lacunes des réserves.

"Il est peu probable que les notations de viabilité des banques marocaines s’améliorent à moins d’une amélioration significative des ratios de fonds propres ou d’une réduction de l’appétit pour le risque", conclut Fitch Ratings.