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Pourquoi les taux débiteurs ont augmenté fin 2017

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Bank Al Maghrib (BAM) vient de publier les résultats de l’enquête trimestrielle relatifs au 4ème trimestre 2017, montrant une hausse des taux débiteurs. Comment peut-on expliquer cette hausse? Réponse.

Bank Al Maghrib (BAM) vient de publier les résultats de l’enquête trimestrielle relatifs au 4ème trimestre 2017, montrant une hausse des taux débiteurs. Comment peut-on expliquer cette hausse? Réponse.

Selon BAM, le taux moyen pondéré global a enregistré une hausse de 60 points de base en passant de 5,17% à fin 2016 à 5,77% à fin 2017.

Cette croissance est imputable à l’appréciation des taux des bons du Trésor ainsi que l’amélioration de la demande sur les crédits en 2017, selon une source de la place.

Notre interlocuteur rappelle que les taux des crédits sont liés à deux facteurs essentiels: d’un côté la situation de la liquidité des banques et la situation des taux des bons de Trésor comme étant les taux de référence utilisés pour la fixation des taux débiteurs. D’un autre côté, le second facteur concerne l’évolution de la demande qui est liée à la situation macroéconomique. Il existe également un troisième facteur relatif à l'intensité de la concurrence.

«En 2017, la situation de trésorerie des banques reste globalement confortable; le point remarquable concerne une légère reprise des taux des bons de Trésor après 3 années de tendance baissière», indique notre source.

Les crédits à l'équipement génèrent un surplus de 16 MMDH

Le type de crédit dont le taux débiteur a connu la plus forte hausse est le crédit à l’équipement. Le taux de celui-ci a crû de 88 points de base à 5,31%, et ce, après 4 ans de baisse consécutifs.

Pendant 2016, ce type de crédit avait enregistré une baisse expliquée, selon notre source, par une crise liée à la situation macroéconomique qu'a connue le pays pendant cette année. Ainsi, les crédits à l’équipement ont été relancés en décembre 2016.

«A fin 2017, les crédits à l’équipement ont réalisé 50% de la croissance totale des crédits, soit un surplus de près de 16 MMDH», précise notre source.

En effet, l’amélioration de la situation macroéconomique, en 2017, a généré un regain d’intérêt pour l’investissement ce qui a boosté la demande globale, impliquant à son tour une hausse des taux d’intérêts relatifs aux crédits à l’équipement. Notons que cette hausse a été accompagnée par la montée des taux de référence également.

Quant aux taux liés aux prêts de trésorerie, ceux-ci ont crû de 61 points de base à 5,85% ,et ce, après 3 ans de baisse consécutifs.

Selon notre source, l’essentiel de la hausse des taux liés aux prêts de trésorerie est également imputable à la hausse des taux des bons de Trésor. Toutefois, l’analyse concernant ce type de crédit reste un peu différente étant donné qu’elle est fortement liée à la situation des entreprises.

Selon notre interlocuteur, un rallongement des délais clients a été noté en 2017. Ceci implique l’augmentation du besoin en fonds de roulement (BFR) des entreprises, qui se traduit par une croissance des besoins de ces dernières en termes de crédits à court terme.

S'agissant des taux des crédits immobiliers, ces derniers ont augmenté de 27 points de base à 5,42%, et ce, après 2 ans de baisse consécutifs. Ceci est attribuable à la reprise des crédits promoteurs, selon notre source.

En revanche, la hausse du taux moyen pondéré global recouvre une baisse continue, à dater de 2012, du taux relatif aux crédits à la consommation pour se situer à 6,56% à fin 2017. Par rapport à fin 2016, celui-ci a reculé de 8 points de base.

Selon notre source, ce type de crédit ne représente pas une grande partie dans l’encours global des crédits. «Pour les banques, il ne s’agit pas des crédits révélant un caractère stratégique», indique-t-il.

Par ailleurs, le tableau et le graphique ci-dessous illustrent l’évolution des différents taux débiteurs entre 2012 et 2017 :

Source:BAM

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